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La légende du pont Valentré
La legenda del Pont de Valandre

Sur le Pont Valentré, que le diable a bâti
Et qu’un ange, depuis a bénit trois fois.

Sul Poun de Balandré, que lou diable a bastit
Et qu’un ange, dempuèy, tres cots a benezit 
(Jansemin - Las Papillotos)

Patric DELMAS      Felibre Majoral
Cigalo de la Tour Magno

La décision de bâtir un pont qui enjamberait le Lot à l’ouest de la ville de Cahors, fut prise en 1306, par deux membres du conseil de la cité. Deux années après, au son des cloches et devant une foule considérable, on posa la première pierre. L’évêque répandit sa bénédiction et récita tout ce qu’il savait comme prières. Ce ne fut que réjouissance et toasts innombrables. Tout le monde riait, tout le monde chantait. Les farandoles se déployaient dans les rues et le long des remparts. Il faisait nuit que la fête durait encore…

A l’époque, architecture et aisance régnaient d’une manière incontestée, dans la ville fortunée. On y faisait grand commerce de vins, de laine, et de bois. Banquiers aux doigts crochus ou changeurs, comme on disait en ce temps là, faisaient merveille. Cahors était à son apogée. La cité rayonnait de toute sa grande influence. Ah ! Le bon temps, l’heureuse ville !

Sous l’influence de son enfant, Jean Duèze qui en 1316 devint le Pape Jean XXII, la situation dura encore quelques temps. Le pontife souverain s’employa à en faire une place de premier plan. Il transforma l’école cathédrale en une véritable Université avec ses quatre facultés et les mêmes privilèges que les Universités de Toulouse et de Paris. Tout allait pour le mieux. C’était une période faste pour tous.

La vie allait son train. Et pour tout dire, après une ardeur sans pause, le vent tourna. La construction du pont commença à traîner en longueur. On aurait dit que jamais, elle ne s’achèverait. Les Quercynois se faisaient même à l’idée de voir le travail abandonné. Quel dépit ! Quelle honte ! Le rire n’était plus de mise. Las, de sortir l’argent de la bourse, les seigneurs criaient à la tromperie.

La colère venait d’une ville mécontente et impatiente

Ce pont est une source d’ennui criaient certains. Et ça va mal tourner… C’est assez supporté et la bonde de la patience finira par péter. C’est l’heure de manier le bâton ! Criaient les plus courroucés.

C’était prévisible ! Mais aussi, on ne prend jamais conseil auprès de nous, les anciens…répliquaient les vieux, en haussant les épaules.

De joyeuse et enjouée qu’elle était, la ville devint moins avenante. Elle semblait endormie dans sa gloire passée. On ne pouvait plus laisser les choses en l’état. L’agitation était toujours à craindre. Aussi, dans la crainte de troubles, on convoqua une assemblée publique. Elle fut très animée. Les notables cherchèrent les moyens de calmer une colère légitime et de dépasser une faiblesse qui ne durait que trop.

Des hommes de pensée et de raison délibérèrent. Ils affirmèrent que la réputation de la ville souffrait. Cependant, ils firent valoir, tout le parti qu’on tirerait de l’achèvement de ce travail. Clefs de l’avenir pour les nouvelles générations. On décida de faire table rase du passé, et de renvoyer aussitôt le maître d’œuvre qui n’était plus l’homme de la situation. A la bonne heure ! La rumeur courait que le pauvre bougre allait tout seul à l’abreuvoir. Un comportement peu apprécié. Désormais, la construction se devait de prendre le pas sur tout. L’intérêt de la ville l’exigeait.

Un matin du mois de janvier, les événements se précipitèrent. Un nouveau maçon se présenta. Il semblait ne pas avoir froid aux yeux et affirma à qui voulait bien l’entendre, ne pas tenir à la commande. Il se dit à la hauteur, pour venir à bout d’un travail qui faisait parler et déparler les gens. Sa manière avenante et franche plut. Il ne semblait pas né de la dernière pluie. Du coup, les consuls pensèrent que ce dernier avait un passé riche d’expérience pour donner confiance. Ils lui laissèrent carte blanche. Mais en lui faisant comprendre toutefois, qu’il se devait d’achever, coûte que coûte, avant les prochaines vendanges.

Oeuvrez comme bon vous semble
Mais en cas de manquements attention !
Ce ne sont pas des paroles en l’air.

Le maçon accepta. Il confirma qu’avec lui, l’affaire trouverait enfin une conclusion heureuse. En temps et en heure.

Ce qui est promis sera tenu fit il un peu orgueilleux, en se tournant vers les autorités qui l’entouraient.

Vous n’avez pas besoin de vous inquiéter.
Il en sera comme vous l’entendez.
Au risque d’y perdre la vie.

Les notables établirent et portèrent aussitôt par écrit, les conditions de cet accord. Pour finaliser le marché, les protagonistes se frappèrent dans les mains avec solennité

Bientôt, bourgeois et marchands, tout le gratin de la contrée, en grande tenue, vinrent le saluer et lui porter leurs vœux de réussite. L’espoir renaissait. Mais, le temps était compté et il restait encore beaucoup à faire !

Le nouveau maître ne se perdit pas en atermoiement. Il n’était pas homme à brasser du vent. En un rien de temps, il distingua les priorités, se mit à l’œuvre avec l’ardeur que vous devinez et une volonté farouche de changer le fond des choses. Aussitôt, il fit preuve de grandes capacités et d’un sens aigu des réalités. Par la seule parole, il avait la manière pour commander les gens et les faire courir à son rythme. Il ne se laissait point détourner de son chemin et aucune difficulté ne semblait en mesure de diminuer sa foi. Il remuait ciel et terre et motivait sans cesse un échantillon d’ouvriers choisis qui convoyaient des blocs de pierres. Il allait de l’un à l’autre, maniant la règle et la truelle, grimpant d’un échafaudage à l’autre.

Tout allait pour le mieux et se déroulait comme prévu. Maçons, charpentiers, terrassiers, unis comme des frères, chacun de son côté, accomplissaient un travail irréprochable. Sans s’économiser. Les fondations assurées, les piliers montaient et les voûtes s’élevaient. Bientôt, c’était sur, à l’automne prochain, le Pont Valentré serait maître de l’horizon. Il provoquerait l’admiration de tous.

Avec cette réalisation, la vie du maître maçon prendrait un virage. Un vent de gloire soufflerait pour lui. Il goûterait enfin aux promesses de la vie en la  marquant de son empreinte. Finie l’existence étriquée, menée jusqu’à ce jour… Rassurés, les consuls eux, soupiraient profondément, pas mécontents de voir un tel changement. Pour la première fois depuis fort longtemps, la ville retrouvait bonheur et activité.

Ce fut un matin du mois de mars, que quelque chose commença à se détraquer dans la tranquille existence du chantier. Vint un mauvais passage, où tout alla de travers. Un matin, un jeune manœuvre pris d’un étourdissement, glissa tête bêche de la hauteur d’un échafaudage. Il vint se briser le crâne, devant l’équipe épouvantée. Cette disparition provoqua un grand remue ménage. Un malheur ne venant jamais seul, à la même période, la pluie tomba, sans discontinuer, six jours durant. La rivière en crue, charriait des eaux rouges, couleur de sang. Elle emporta chaussées et barrages, semant terreur et désolation sur son passage. Il n’en fallait pas plus, pour arracher la ville à sa sérénité et éveiller la méfiance. Le long des rives du Lot, désormais, on chuchotait. Des rumeurs se répandaient. Le soir, à voix basses, on parlait de sorcellerie, d’influences maléfiques ou du mauvais œil… On envoya même en procession, les hommes d’église, pour déposséder le lieu qui semblait maudit.

Le temps passait : Les jours et les semaines. Il fallait se rendre à l’évidence : le chantier traînait en longueur. Transformé qu’il était  en un incroyable cauchemar. Craintifs et découragés, la plupart des ouvriers étaient sur le point de virer la veste. La discipline se devait d’être maintenue et le maître maçon essayait bien de mettre tout le monde au pli. Peine perdue ! Il semblait bien seul désormais, pour faire front. Comment cacher l’affreuse réalité ? Ce pont décidemment semblait ployer sous le poids de la fatalité. Dompté par le mauvais sort, il n’en finissait pas de répandre secrets et mystères…

Les relations, comme vous pouvez l’imaginer, étaient à l’orage. Cela mena la colère des consuls qui poussaient par l’impatience, haussèrent le ton et lui parlèrent du pays. C’était compréhensible.

On n’avait pas besoin de ça…
Ce fanfaron nous aura vendu du vent.
Vous ne voyez pas le chemin emprunté ?
Avec lui, les choses n’ont pas évolué dans le bon sens et on n’a rien gagné à changer !

Brama un dégourdi. Puis d’ajouter le regard noir et les bras au ciel : Nous lui ferons voir que nous ne sommes pas de l’espèce  des plaisantins.  Ce n’est pas de la moelle de sureau que le sang des Quercynois . Il rassemblera vite ses affaires celui là aussi…

Les protestations fusaient de partout. Le feu couvait et le maître maçon dansait sur la braise. Comme on exigea de lui une explication, il baissa la tête pour se donner bonne contenance et choisit de plaider patience. Mais la vérité, limpide, sautait aux yeux. Quelque chose au fond de lui, lui disait que cette folle promesse serait bien difficile à honorer. Et maintenant, le pauvre, il se voyait boire le calice des humiliations. Il ne pouvait plus faire machine arrière ou se dédire. Comment trouver une porte de sortie honorable ?

Passaient les jours et les semaines. Nous étions le 21 août. Les vendanges approchaient. Aux dires de certains, elles seraient hâtives. Bientôt, on en proclamerait le ban. De l’autre côté de la rivière, sur les collines voisines, le raisin mûrissait. Il se gonflait sous l’ardeur du soleil cuisant. Toute la ville était en effervescence. A chaque coin de rues, tonneliers, cercleurs, apprêtaient la futaille et les cuves disjointes. Haut la mailloche et les doloires ! Les vignerons en arrangeant paniers et entonnoirs criaient à plein gosier dans la langue du terroir :

Le vin Quercynois est un vin de vaillance
Généreux et fort comme la terre et la soleillée
Guérissant l’âme et le corps de toute meurtrissure

Même en se hâtant plus que de raison, la partie semblait perdue. Le maître maçon ne pouvait plus faire face. De toute évidence, le marché ne serait pas respecté. Il secouait la tête. Le regard perdu. Honte et remords s’emparaient de lui. Le visage malingre et l’œil fiévreux, des idées sombres dans la tête. Miné, il se laissait peu à peu gagner par un profond désespoir. Non pas qu’il ait peur de la mort mais, en homme de devoir qu’il était, il sentait meurtri aujourd’hui, dans sa fierté de mâle et son orgueil  Et ce manquement lui pesait.

Englué dans le doute, quelque chose se devait de basculer. Notre homme n’y tenait plus. Il en était là, à produire des idées noires, de toutes sortes. A la longue, la lumière vint. Une idée curieuse, germa dans la tête du maître maçon.

Un soir, en secret, il prit sur lui, d’aller consulter une sorcière. Certes, il ne le fît pas sans hésiter. Mais, il n’avait plus le choix. On mettait sur le compte de cette vieille sorcière, une multitude de choses qui passaient l’entendement et vous faisaient dresser les poils. Bien souvent, elle jouait de son pouvoir surnaturel. C’était là, peut être, la garantie de trouver réponse a son problème. Encouragé par l’obscurité, en cachette, il quitta la maison. Le cœur serré et l’âme souffrante, dans le grand silence de la nuit, il se dirigea vers le village voisin. Quelques chiens aboyèrent, mais personne n’ouvrit ni portes ni fenêtres. Il passait incognito et sans bruit.

Au bout de deux heures d’un parcours malaisé, il pénétra dans la maison de la sorcière. Une demeure creusée dans la roche, recouverte de buissons et de lierres qui en disloquaient les murs. Il était dans ses petits souliers. Pour peu, on lui aurait fermé le derrière avec un pois chiche. Il restait immobile, sans oser bouger. Une fois encore, un temps d’épreuve se présentait à lui. La ronde et les cris des chauves souris excitées, lui laissaient imaginer que sa dernière heure était venue. Il se recommanda aux Saints du Paradis. Mécréants ou dévots, il en est de même pour tous, quand la peur vous saisit. La faible flamme d’une chandelle lui procurait un peu de lumière. Les secondes passaient longues… Tout d’un coup, la sorcière se trouva face à lui. Courbée de vieillesse, toute de noir vêtue, elle traînait une jambe blessée en s’appuyant sur un bâton. Son œil crevé, défigurait un visage ridé et affreux qui aurait effrayé le cœur le plus endurci.

Homme, je sais ce qui te mène ici. Ainsi que l’angoisse et les pensées qui te taraudent, aujourd’hui. Mon œil avisé ne peut pas être trompé… dit elle.

Puis en fouillant dans l’obscurité, elle saisit sa baguette et un livre de sorcellerie dont les feuilles étaient à moitié rongées par les rats. Elle l’examina peu de temps, et prononça des paroles incantatoires. Elle fit une grimace et affirma d’une voix fêlée :

Je n’ai pas la possibilité de te sortir de l’embarras. Le Diable, lui seul, en est capable. Cependant, s’il te donne un coup de main, tu devras te plier à ses volontés. A toutes ses volontés… Sans quoi, tu ne goûteras pas le vin nouveau…

Un long ricanement suivit ces paroles et la sorcière disparut. Notre homme resta là, un instant, dans ses pensées. Il n’arrivait pas à distinguer ce qu’il venait de vivre et ce qui l’attendait réellement. L’idée de faire appel au Diable, ne lui plaisait qu’à moitié. C’est sur, l’affaire était risquée. Mais en se raisonnant, il pensa qu’il ne pouvait pas laisser s’éteindre, la dernière lueur d’espoir qui lui restait. Il fallait en passer par là.

L’échéance approchait à grands pas. Il s’agissait de précipiter les choses. L’attente ne fut pas de longue durée. Les esprits maléfiques, tout le monde le sait, ont des oreilles qui traînent partout… Le lendemain, à la tombée du jour, par un mystérieux hasard, alors qu’il promenait sa peine seul, le long des rives, se leva un vent qui le fit tressaillir. Puis, une sorte d’éclair descendit du ciel et, le tonnerre gronda. Le maître maçon, le souffle coupé, en fut comme assommé, ne sachant plus où il était. Il sentit autour de lui comme une étrange présence. Dans un tourbillon d’eau trouble, tout d’un coup, il vit apparaître, une bête dotée de cornes  qui ressemblait fort au diable avec sa queue en forme de trident et sa grande fourche à trois dents de fer.  Passée la première émotion, le maître maçon s’ouvrit franchement. L’heure des confidences était venue. Le Diable qui depuis longtemps, devinait ses intentions, riait déjà sous cape… Et sans plus attendre, il y alla de sa proposition. Il marchanda l’âme du maître maçon en échange de l’achèvement du pont !

Surpris par ce qu’il venait d’entendre, le pauvre malheureux, serra les mâchoires. Il savait parfaitement, qu’il ne pourrait point échapper à ce marché. C’était là, le prix à payer. Aussi, fallait il consentir au bon vouloir du Diable où le pari serait perdu… Il ne restait plus qu’une semaine avant le début des vendanges. Le jour tant craint viendrait bientôt.

Va pour ça. L’affaire est entendue dit le maître maçon qui ne se considérait pas encore perdu.

Mais, tu le sais bien, au jour d’aujourd’hui, personne ne donne rien pour rien… Aussi, en échange, aussitôt le pont achevé, tu devras accomplir une dernière chose  pour moi. En cas d’échec notre pacte sera rompu et nous serons quittes…

Le Diable, pris à l’improviste, resta un instant interloqué. Le sifflet coupé, il avala sa salive.

Puis, il ronchonna quelques propos entre les dents. Mais, habitué qu’il était à ne jamais céder, devant rien, il précisa : J’achèverai avant la fin de la semaine. Le travail n’est rien pour celui qui sait le prendre !

 Et sur ce, son rire se perdit dans la nuit.

 Cela paraissait à peine croyable, mais le lendemain quand le soleil se leva, les gens s’aperçurent d’un changement profond et radical. Ils n’en revenaient pas. A côté du maître maçon, un inconnu dirigeait la manœuvre à la hâte et d’une manière magistrale. Excité au travail, il se surpassait véritablement. Se dépêchant de brandir la truelle et de courir partout. De ci delà, en haut en bas, devant derrière. Ce qui jusqu’alors, n’était que travail pénible et peine, était accompli en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Ouvriers et badauds croyaient rêver. Ils débordaient de joie. Imaginez un peu, si les gens jasaient …  Le pont, presque achevé se détachait dans le ciel. Il s’agissait maintenant de couvrir de lauses, les trois tours et de paver le chemin d’accès. Une bagatelle, pas plus…

Aussi, le soir, le Diable on ne peut plus content, arriva. Il se frotta les mains et chantait déjà victoire.

Tout compte fait, je m’en suis bien sorti fit il un peu fier. Demain, comme prévu l’affaire s’achèvera à mon avantage…

Mais le maître maçon malin  le coupa sans ménagement : Pas si vite ! Tu n’es pas encore au bout du chemin. Tu vois, là haut, cet ouvrier perché, en train de pétrir de la terre glaise dans un baquet. A charge pour toi de lui fournir l’eau dont il a besoin. 

Et les yeux brillants de malice, il lui tendit un crible pour assurer le transport… Et maintenant pensa t’il : « A toi de jouer ! »

Le Diable se saisit de l’outil grillagé et cessa de rire. Enragé, il descendit au bord de la rivière. Il trempa le crible dans l’eau et se précipita dare-dare, vers la tour. Dégoulinant de sueur, il allait de l’un à l’autre mais, toute l’eau passait à travers la toile de fer, avant qu’il n’arrive au sommet… Il me se rebuta point et recommença à plusieurs reprises. En vain. Les jurons n’y firent  rien ! Tenu de reconnaître sa défaite,  il abandonna au milieu des rires et des railleries. Il plongea dans le Lot en répandant une kyrielle de jurons.

Le soir, alors que le maître maçon, l’âme en paix, se laissait aller à la contemplation du chantier, il constata la disparition d’une pierre d’angle de la tour centrale. Il la découvrit qui traînait au pied de l’édifice. Il l’examina et chose étrange qui lui donna chair de poule, il distingua, cinq coups de griffes dessus. Aussitôt, il pensa que le Diable griffu, n’en avait pas encore fini avec son œuvre malfaisante. Le moment était venu d’y mettre définitivement le holà.

Aussitôt dit, aussitôt fait. En lieu et place, de la dite pierre, il en fit placer une autre, mais rapportée celle-ci, de Terre Sainte, par un croisé. Puis, le maître maçon, lui-même, marmonna des prières de sorcellerie. Ainsi, pensa t-il la pierre ne pourrait point échapper à la protection du Bon Dieu… La veille de l’inauguration, le diable, au crépuscule, grimpa en cachette jusqu’à la tour centrale. Il tendit la main, pour arracher une nouvelle fois l’objet, sans ménagement. Mais quand il fut pour la retirer, voici qu’il resta figé. Il se remua, se démena et se tordit dans tous les sens, des heures durant. En vain.

Le lendemain, quand le coq poussa son cri, le Pont Valentré se dressait magnifique. Les comptes réglés, le maître maçon se signa et pleura de joie et de soulagement. L’histoire n’a pas gardé mémoire de son nom. C’est le Diable au contraire qui a laissé son emprunte et qui hante l’esprit des Quercynois. Vous n’avez qu’à lever les yeux vers la tour centrale, vous le verrez pétrifié dans la pierre. Pour toujours…

La decision de bastir un pont qu’encambariá Olt al ponent de la vila de Caurs, foguèt presa en 1306, per dos membres del conselh de la ciutat. Doas annadas aprèp, al tindinar de las campanas e davant una revolunada de monde, se pausèt la primièra pèira. L’avesque espandiguèt sa benediccion e recitèt tot çò que sabiá de pregàrias.

Foguèt un grand regaudiment e de brindes sens nombre.Totes risián, totes cantavan. Las farandolas se desplègavan dins las carrièras e long dels barris. Era nuèit que la fèsta durava encara…

Al temps que parli, arquitectura e aisidença senhorejavan d’un biais incontestat dins la vila afortunada. S’i fasiá grand comèrci de vins, de lanas e de fustas. Banquièrs als dets crocuts o cambiaires, coma se disiá alavetz, fasián flòri. Caurs èra a sos grands jorns. Dardalhava de tota sa bèla influéncia. A ! lo polit temps, l’urosa vila !

Jos l’aflat de son enfant, Joan Dueze que en 1316 devenguèt lo papa Joan XXII, la situacion s’esperlonguèt encara un brieu de temps. Lo pontife sobeiran s’empleguèt a ne far una plaça de primièra fòrça. Cambièt l’escòla catedrala en una vertadièra Universitat amb sas quatre Facultats e los mèmes privilègis que las Universitats de Tolosa e de París. Tot anava de çò melhor. Un brave temps tirava per totes. 

La vida anava son camin. E per tot dire, aprèp un afogament sens pausa, lo vent virèt. La construccion del pont, comencèt a rebalar. Se desalenava. Semblava pas que s’acabèsse jamai. Lo quite esper d’una entrelusida èra plan teunhe… Los carcinòls se fasián a l’idèa, de veire lo trabalh daissat en plan. Qun despièch ! N’avián vergonha. L’enveja de rire ne trapava cap pus ! Sadols de tirar a tengut los ardits del borsicòt, los senhors cridavan a la falsièra.

De rondinaments grèus, venián d’una vila malcontenta e despacientada.

 Aquel pont novèl es una font d’enganas… cridavan d’unes.  Marcamal se passeja !  Aquò’s pro endurat e la bonda de la paciéncia finirà per petar... Es l’ora de brandir lo baston !

 Çò disián encara los mai enmaliciats.

 S’es pas malurós…  Aquò èra de preveire. Mas tanben, prenon pas jamai conselh de nosautres los ancians !

rebecavan los vièlhs en espatlejant.

D’alègra e jaurèla qu’èra, la vila venguèt mens avenenta. Semblava acomsomida dins sa glòria perduda. Se podiá pas mai daissar córrer las causas, que de rambalhs èran totjorn de crénher. Tanben, dins la paur de trebolums, se tenguèt una amassada publica. Foguèt  enfuocada quicòm. Los notables, aquel jorn d’aquí, cerquèron los mejans d’apasimar una justa colèra e lo biais de superar un aflaquiment, que durava que tròp.

D’òmes de pensada e de rason deliberèron. Afortiguèron que la reputacion de la vila èra a patir. Faguèron valer pr’aquò, tot lo partit que se podriá tirar de l’acabament d’aquela besonha ; clau de l’avenir per las generacions novèlas … La resulta foguèt la que se deviá esperar : Se decidiguèt de far bugada de tot çò vièlh, e de remandar còp sec, lo mèstre d’òbra, qu’èra pas mai l’òme de la situacion. Rai aquò ! Passava per dich, que lo paure bogre, anava solet a l’abeurador…  Un anar plan pauc presat, que fasiá japar. Ara, la construccion del pont se deviá de prene lo pas sus tot. L’interès superior de la ciutat fasiá comand !

Un matin de genièr, los eveniments s’abrivèron. Se presentèt un mèstre peirièr novèl. Compahon del dever, semblava pas aver freg als uèlhs. Afortiguèt, per qual voliá l’entendre, pas téner a la comanda. Se diguèt d’aussada tanben, per se venjar d’un pretzfach, que tant fasiá parlar e desparlar lo monde. Son biais avenent e franc agradèt e semblava pas nascut de la darrièra pluèja. Del còp, los consols se pensèron qu’aviá un passat pro ric d’esperiment, per balhar fisança. Li daissèron tota la còrda volguda. Mas, en li donant plan a comprene, qu’auriá d’acabar, abans las vendémias venentas. A tot pèrdre.

Obratz a vòstra idèa …
Mas en cas de mancaments, mèfi !
Son pas aquí paraulas getadas al vent. Tenètz vos aquò per dich !

Lo mèstre perièr assentiguèt. Coma que ne vire, lo pretzfach seriá complit. En temps e en ora. 

 Cò prometut serà tengut çò faguèt, un pauc crestaquilhat, en se virant cap a las autoritats que l’enrodavan.

 Avètz  pas besonh de vos far de pensaments,
Ne serà coma l’entendètz. Deguèsse i pèrdre la vida !

Lo pichon pòple, la mina regaudida, piquèt de las mans. E dins la seguida, los notables, en plen acòrdi, portèron per escrit las condicions. Per sagelar la pacha, los protagonistas, amb solemnitat, se tustèron dins la man. Lèu, borgeses e mercants, tota la sanflorada de la contrada, en granda tenguda, lo venguèron saludar e portar sos vòts de capitada. Se prenián a esperar mai. Mas, èra pas mestièr de parlar mai que de rason, que lo temps èra comptat. Demorava encara belcòp a far. Caliá tirar davant !

Lo mèstre novèl se perdèt pas en alonguís. Era pas òme de las bracejadas. Dins l’afar d’un res, destrièt las prioritats. Se botèt a l’òbra amb la caninor que devinatz e una volontat vertadièra, de cambiar lo fons de las causas. D’ausida, faguèt pròvas de sas bèlas capacitats e d’un sens agut de las realitats. Aviá lo biais, pas que per la paraula, de butar fèrme lo monde e de los far córrer a son pas. Se daissava pas desvirar de son camin e cap de dificultat semblava pas demesir se fe. Remenava cèl e tèrra. Teniá d’empusar un escapolon d’obrièrs causits que menavan a tengut, de blòcs de pèiras. Anava de l’un a l’autre, gaubejant la règla o la tipla, escalant d’un empont a l’autre.Tot èra planièr e se debanava del melhor. Peirièrs, fustiers, terrassièrs, frairalament mesclats, cadun de son costat, butava un prètzfach sens dèca e sens plànher sa pena. Las apavesons asseguradas, los pilars montavan e las arcas puntejavan. Lèu, segur, per la davalada venenta, lo pont de Valandre seriá mèstre de l’azuèlh. Amodariá l’admiracion de totes. Amb aquela realisacion, la vida del mèstre peirièr prendriá virada. Un vent de glòria bufariá per el. Pro per encantar l’anar d’una vida e marcar lo temps de sas piadas.  Rassegurats, los consols d’eles, sospiravan prigond, pas malcontents de veire un tal cambiament. Per lo primièr còp dempuèi fòrça temps, la vila tornava trobar bonur e activitat.

Foguèt un matin del mes de març que quicòm comencèt a se desmargar dins la suauda existéncia del obrador. Venguèt una plan marrida passa, ont tot anguèt al revèrs. Un matin, un jove manòbra, pres d’un lorditge, resquilhèt cap primièr, de la bèla cima d’un enart. Se venguèt desclucar, davant la còla espaventada. Aquela disparicion causèt un rebotge grand. Un malur ven pas jamai sol. Aital, cap al mème temps, la pluèja tombèt sièis jorns de reng. La ribièra venguda gròssa, carregèt d’aigas rotjas, color de sang. Gastèt restancas e paissièras, semenant espant e desolacion sus son passatge. Ne caliá pas mai, per arrancar la vila a sa serenitat e despertar la mesfisança. Long de las ribas d’Olt, ara, las paraulas venián bassas. De rumors rebalavan. Lo ser, a la chut chut, se parlava de mascariás celestialas, d’aflats malefics o del marrit uèlh… Mandèron quitament d’òmes de glèisa en procession, per despossedar lo luòc que semblava maldich.

Lo temps passava : los jorns e las setmanas. Se caliá rendre a l’evidéncia. L’obrador n’acabava pas de caumar. Se mudava en una cachavièlha que se pòt pas dire. Crentuts e descorats, lo gròs dels obrièrs, n’èra aquí a virar la vèsta. La disciplina aviá d’èsser mantenguda e lo mèstre peirièr, ensajava ben de tornar botar son monde a la rega. Pena perduda ! Res non i fasiá. Era gaireben tot sol ara, per far front. Cossí amagar l’afrosa realitat ? Aquel pont semblava vertadièrament, aclapat pel pes de la fatalitat. Giblat per lo malsòrt, ne’n finissiá pas d’espandir secrets e mistèris…

Las relacions coma plan pensatz, s’anivolèron. Aquò menèt la colèra dels consols que butats per l’impaciéncia, parlèron gròs e li desgrunèron un polit rosari ! Era de bon comprene…

Aviam pas besonh d’aquela.  Saique aquel ventabalòfa, nos aurà vendut del vent !
Vesètz pas lo camin enregat…
Amb el,
las causas an pas melhor virat e avèm pas ganhat res a cambiar !

Bramèt un desgordit. Puèi, d’ajustar las ussas fronsidas e los braces al cèl :

Li farem veire que sèm pas de la mena dels galejaires. Es pas mesolha de sambuc que lo sang dels Carcinòls !  Recamparà lèu sas pelhas aquel d’aquí tanben…

Las protestacions gisclavan de pertot. Lo fuòc coava e lo mèstre peirièr dançava sus la brasa… Coma i pregavan una explicacion, baissèt lo cap e per se donar la mina de quicòm, causiguèt de plaidejar paciéncia. Mas la vertat, clara coma lo jorn, sautava als uèlhs. Cada jorn que passava ne portava confirmacion. La fiertat li aviá enneblada la rason. Lo còr macat de repentida, podiá pas agachar son trabalh inacabat, sens ne sentir un defèci prigond. E ara, se vesiá lo paure el, beure lo calici de las umiliacions… Podiá pas mai tornar enré o se desdire pr’aquò… Cossí trapar una  pòrta de sortida onorabla ?

Anavan los jorns e las setmanas. Comptàvem, lo 21 del mes d’agost. Las vendémias se sarravan. A la dicha de totes, serián aborivas. L’ora picariá lèu e totara, se proclamariá lo ban. De l’autre man de la ribièra, sus los tèrmes vesins, lo rasin amadurava. S’espompava a la raja d’un solelh escosent. La vila tota, èra ja en combor. A cada cantonada, barricaires e codaires aprestavan fustalha e tinas desgombiadas. Aut la malhuca e los talhafons ! Los vinhairons tot petaçar descas e embuts, cridavan a plec de gargamèla dins la lenga del terrador :

« Lo vin carcinòl es vin d’alertadura
Verturós coma la tèrra e la solelhadura
Garissent l’ama e lo còrs de tota macadura. »

Ni per s’afanar mai que de rason, semblava plan perduda la partida. Lo mèstre peirièr aviá pas pus lo temps de se revirar. Per totes, èra vengut segur que seriá pas respectada, la pacha. Una realitat grèva, que pesava de tot son pes. Vergonha e pentiment emmantelavan nòstre òme.  Era aquí coma perdut.. Capejava en silenci, l’agach perdut. La cara malandrosa, l’uèlh febrós e d’idèas sornas dins son cap. Se daissava pauc a pauc, ganhar per una fonsa desesperança. Non pas pecaire qu’agèsse paur de la mòrt, qu’èra un òme de dever. Mas uèi, èra un òme, macat dins sa fiertat de mascle e son orgulh. E, aquel mancament li pesava.

Envescat dins lo dobte, n’èrem venguts a un punt, ont quicòm se deviá caplevar. Ne caliá finir d’un biais o d’un autre. Nòstre òme i podiá pas pus téner e romiava d’idèas negras, de totas menas. Puèi, la lutz venguèt a la longa. Una idèa plan curiosa, per tot dire… Un ser, en secrèt,  prenguèt sus el, d’anar en consulta en çò d’una fachilièra. O faguèt pas sens trantalhar. Mas aviá pas mai la causida… Se metiá sus lo compte d’aquela vièlha masca, una sica saca de causas que passavan l’entendament e que vos fasián quilhar la borra... Plan sovent, jogava de son poder subrenatural. Era aquí benlèu, la garantida segura de trobar responsa a son problèma. Encorat per l’escuresina, de resconduda, quitèt l’ostal. Lo còr quichat e l’ama dolenta, dins lo grand silenci de la nuèit, ganhèt lo vilatge vesin. Quauques canhòts japèron, mas degun, dubriguèt pas ni pòrta ni fenèstra. Mai d’un còp pr’aquò, li semblèt d’èsser espinchat e segut… Passava lis e caminava sens bruch, al grat de la fortuna del moment.

Al cap de doas oras d’una escorreguda malaisida, dintrèt dins l’ostal de la fachilièra. Un ostal cavat dins la ròca, acatat de boissons negres e de l’èdra que ne’n desmargavan las parets.  Prestissiá mòl. Per un pauc, i auriam barrat lo cuol amb un cese… Demorava clavat sens gausar bolegar. Un còp de mai, un temps d’espròvas se sarrava per el. La rondas e los siscladís de las ratapenadas atissadas, li donavan a pensar qu’èra venguda sa darrièra ora. Se recomandèt als Sants del Paradís. Mescresents o devòts, aital fasèm totes, quand la paur vos aganta… La teunha flama d’un calelh i fasiá lum. Les secondas s’engrunavan longas. Tot d’un còp, la fachilièra se trobèt de cara, davant el, sens que l’agèsse vista ni mai ausida arribar. Plegada de vielhum, de negre vestida, rebalava una camba macada en s’apiejant sus un pal. Son uèlh gastat, desondrava una cara rufada e òrra qu’auriá espantat lo còr lo mai tanat.  

« Ome ! Sabi pro çò que te mena aicí.
 Amai lo reboliment, e las pensadas que te grèvan uèi. Mon uèlh acostumat, se pòt pas daissar enganar… »
diguèt ela.       

Puèi, en trastejant dins l’escurina, agantèt sa gimbla e un libre de mascariás que los fulhets n’èran ratugats a mièjas. L’espepissèt gaire de temps, tot prononciar de paraulas d’incantacion. Torciguèt la mirgola e afortiguèt de sa votz raufelosa :

« M’es pas donat a ieu de te tirar d’aquel embolh.
Lo Diable el sol, n’ es capable. Pr’aquò, se te balha un còp de man, auràs de te plegar a sas volontats. A totas sas volontats...  Fauta d’aquò, tastaràs pas lo vin novèl…»

Un rifanhadís seguiguèt aquelas paraulas, e la masca s’avaliguèt coma un fum. Nòstre òme demorèt aquí, un briu, dins sas pensadas. Arribava pas mai a destriar çò que veniá de viure e çò que l’esperava… L’idèa de requerir lo Diable, li agradava pas qu’a mièjas. Segur, l’afar èra riscat. Mas en se rasonant de son melhor, se pensèt que podiá pas daissar s’escantir lo darrièr rai d’espèr que li demorava. Caliá ne’n passar pr’aquí.

Lo temps del tèrme s’aprochava. A grandas cambadas. S’agissiá ara, de precipitar las causas. L’espèra per nòstre òme, foguèt pas de durada. Los esperits malefics, se sap pro, an d’aurelhas que rebalan pertot...  Lo lendeman a jorn falit,  coma per una misteriosa endevenença, del temps que passejava sa pena solet, long de las ribas, se levèt una rispa que l’estrementiguèt. Puèi, una mena de liuç davalèt del cèl e lo tron esclapetèt. Lo mèstre peirièr, lo buf copat ne foguèt coma assucat. Sabiá pas pus ont èra. Sentiguèt coma una preséncia escura que l’enrodava. Dins un revolum d’aiga trebola, tot d’un còp, vegèt espelir, una bèstia banuda que revertava fèrme lo Diable, amb sa coa en fichoira e una forca bèla de las puas de fèr. Lo mèstre peirièr, l’emocion primièra passada, se dubriguèt francament. L’ora de las confidéncias èra vengut. Lo Diable que lo vesiá venir dempuèi plan temps, se risiá ja d’aurelha… E sens esperar mai,  i anèt de sa proposicion. Mercandegèt l’arma del mèstre peirièr en escambi de l’acabament del pont !

Estabosit per çò que veniá d’entendre, lo paure malurós sarrèt las maissas. Sabiá pro que d’aquel mercat ne podiá pas far l’estalvi. Era lo prètz a pagar. Aquí tot.Tanben, al bon voler del Diable, valiá mai consentir o seriá perduda l’escomesa. Erèm al picar de la dalha. Demorava pas qu’una setmana, abans l’entamenada de las vendémias. Lo jorn tant crentat vendriá lèu ...

Vai coma aquò. L’afar es entendut

çò diguèt lo mèstre peirièr, que se donava pas encara perdut.

Mas o sabes ben, al temps que tira, degun dona pas res per res… Tanben, per paga, un còp lo pont acabat, auràs de complir una darrièra causa per ieu. Venguèsses a te copar lo nas,  tendrá pas mai la nòstra pacha…E aital, serem quitis !

Lo Diable, pres de ressabuda, demorèt un moment soscaire. L’estuflet copat, engolèt son escupit. Puèi, rondinèt quauquas paraulas entre las dents. Mas, acostumat qu’èra a racar pas jamai, davant res, diguèt :

 Qué vòls que siá per ieu, una espròva de mai o de mens ? Aital se vòls. Sarrem nos las mans.

E prometèt de se’n téner ric a ric a la paraula donada. Puèi, pleguèt los trastets en li cridant al morre d’un biais trufandièr :       

Acabarai a la fin de la setmana.
Lo trabalh es pas res, per aquel que lo sap prene.

E sus aquela, son rire se degalhèt dins la nuèit...

Semblava pas de bon, mas lo lendeman quand lo solelh se levèt, se trachèron lo monde, d’un cambiament vertadièr e prigond. Ne’n  revenián pas. A costat del mèstre peirèr, un inconegut menava las manòbras a la buta-buta e d’un biais mèstre. Fasiá mai que si podá. Atissat al trabalh,  s’afanava de brandir la tibla e de córrer pertot, sens fin ni pausa. Deçà-delà … d’amont-d’aval… davant-darrièr. Cò que fins ara, èra pas que mascanha e trima, èra complit en mens de temps que ne’n cal per o dire. Obrièrs e badaires, cresián de somiar. Asondavan de jòia. Podètz pensar se parlavan lo monde…Lo pont, gaireben acabat, se destacava dins lo cèl. S’agissiá ara, de capelar de lausas, las tres torres e de pasimentar lo camin de dintrada. De besucariás pas mai…

Tanben, lo ser, lo rapaton arribèt, content que jamai. Se bregava las mans e cantava ja victòria.

Passat pertot, me’n soi plan tirat çò faguèt un pauc bavard.

Deman, coma previst, l’afar s’acabarà a mon avantatge …

Mas lo mèstre peirièr finaudèl, copèt broncament :

Pas tant viste ! Es pas encara al cap de la rega.
Veses amont, aquel obrièr pincat, qu’es prestir lo bard dins un nauc. A carga per tu, de li far passar l’aiga que li fa de besonh.
E los uèlhs beluguejant de malícia, li un parèt un crivèl  per n’assegurar lo carreg… E ara se pensèt : A tu de jogar !

Lo diable agantèt l’aplech grasilhat e quitèt de rire. Enrabiat, davalèt a broa de ribièra. Trempèt lo crivèl e, a tot trac, se roncèt cap a la torre. Regolant de susor, anava de l’un a l’autre mas l’aiga tota, passava per la tela d’aram, abans qu’arribèsse a la cima… Se rebutèt pas e li tornèt mai d’un còp. De badas. Ni per damnejar, res a far ! Tengut de reconéisser se desfacha, abandonèt, al mièg dels rires nècis e dels escarniments. Cabussèt dins Olt, en deslargant una cordelada de renècs.

Lo ser, del temps que lo mèstre peirièr, l’èime en patz se daissava anar a la contemplacion   del talhièr de construccion, s’avisèt qu’una pèira cantonada de la torre centrala, i èra pas mai. La trobèt  al pè de l’edifici que rebalava. L’espepissèt  pel menut e causa estranha que li balhèt carn de galina, i destrièt dessús, cinc graufinhadas. Se pensèt còp sèc, que lo diable arput, n’aviá pas encara acabat amb son òbra malfasenta. Lo moment èra vengut de li copar definitivament camin.  

 

Dich e fach. En luòc e plaça de la dicha pèira, ne’n faguèt botar una autra, mas raportada aquesta, de Tèrra Santa, per un crosat. Puèi, lo mèstre peirièr e mai el, barbotegèt quauques patèr borruts. D’aquel biais, podiá pas, la pèira, escapar de cap de manièra, a la proteccion del Bon Dieu…La velha de l’inauguracion, lo Diable, a jorn falit, escalèt de resconduda, fins a la torre. Mandèt mai la man, per desrabar sens consideracion, l’objècte. Mas quand foguèt per la levar, aquí que demorèt calhat. Se brandiguèt, arpategèt, e se torcegèt d’ora de temps. De badas.

Lo lendeman, quand lo gal amodèt son quiriquiquí, lo pont de Valandre se mastava subrebèl. Los comptes aital reglats, lo mèstre peirèr se senhèt e plorèt de jòia e d’amaisament. L’istòria a pas gardat memòria de son nom. Al bèl contrari, es lo Diable, que a daissat e daissa encara, son estampadura, dins l’èime dels Carcinòls. Avètz pas qu’a levar e virar los uèlhs, cap a la torre centrala, lo veiretz. Palaficat dins la pèira, per sempre mai…

 

Patric DELMAS
Felibre Majoral
Cigalo de la Tour Magno

 

 

 

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