Excursions géologiques au voisinage
de la vallée de la Dordogne
(1)

Le Lias de la vallée de la Dordogne. C'est à l'Est de la feuille qu'apparaissent les terrains les plus anciens de la série. Dans le ravin du Palsou, dans le lit du ruisseau en amont du pont, les roches métamorphiques représentées par des gneiss et des micaschistes sont bien visibles (2).

Aux Bothies, la tectonique (responsable du changement d'orientation de la rivière) brouille la série stratigraphique. Mais la coupe de l'Hettangien inférieur est visible un peu plus à l'Ouest dans les chemins qui descendent vers la vallée de Palsou soit de Puymerle soit de Tartacède [2]. En revenant vers le village des Bothies on s'arrête à la carrière du Peuch qui donne une coupe du Sinémurien avec de très beaux niveaux à stromatolites.
On rejoint la RN 703 qu'on suit jusqu'à Bétaille (affleurement de Sinémurien à l'ouest du village au bord de la route) puis on se dirige vers la vallée de la Dordogne qu'on coupe en amont de Carennac.
Passé le pont on suit la rivière jusqu'au point [4] situé à l'extrémité d'un vallon entre Gintrac et Granou. La surface durcie qui clôt les calcarénites (discontinuité D3) puis celle qui surmonte les calcaires de Cavagnac roux et bioclastiques (Lotharingien supérieur) (discontinuité D4) sont bien visibles. Au-dessus affleurent les calcaires et marnes du Carixien mais ici assez peu fossilifères.
De Granou on prend la route (vers le Sud) qui conduit à Rieuzal [5] où on peut observer sous le village la coupe de l'oolite ferrugineuse. Domérien supérieur.
En continuant cette route jusqu'à Miramont [6] on peut observer à la base de la falaise un très beau niveau à Gryphée sublobata ; faciès qu'on retouve à La Poujade (en partant vers l'Est [7]. Le Toarcien terminal est là bien visible sous les sédiments aaléniens, et si on continue la route en allant vers la Dordogne on retrouve l'oolite de Rieuzal à Pech Daudu située sur la carte de St. Céré.

Le gouffre et la rivière souterraine de Padirac. Le gouffre et la rivière souterraine de Padirac sont considérés à juste titre comme un des sites les plus pittoresques de France. C'est le spéléologue E.-A. Martel qui le premier, en 1889, découvre et entreprend l'exploration de la rivière souterraine qu'il va poursuivre au cours d'une dizaine d'années, depuis cette période sous l'impulsion de Guy de Lavaur et de Jean Lesur de nombreuses expéditions se sont succédées. Le réseau de galeries exondées topographié atteint actuellement plus de 30 km. Les explorations en scaphandre autonome, principalement effectuées par Bertrand Léger, Francis le Guen, Aymeric Beaucheron et enfin par Bernard Gauche, ont ajouté plus de 10 km de galeries noyées entre l'aval de la rivière souterraine et la vasque de la Finou à Montvalent.
Pour le naturaliste, visitant le gouffre de Padirac, l'utilisation du guide Géologique régional "Aquitaine orientale" ou du guide de Tourisme Michelin (vert) sera pleine d'enseignements.
Nous donnons seulement ici quelques compléments, concernant la géologie et la morphologie du site et permettant d'en valoriser la visite.
Le puits de Padirac, remarquable gouffre d'effondrement, traverse de son orifice à la "source" de la rivière souterraine à 103 m de profondeur, la formation de Cajarc (Bajocien supérieur et Bathonien inférieur). Celle-ci est caractérisée par des calcaires en bancs épais. La petite terrasse à 15 m de profondeur environ a été aménagée sur un replat correspondant à un niveau plus argileux (discontinuité D14), celui-ci est responsable de suintements d'eau dans le puits et de la présence de plusieurs sources sur le plateau.
La galerie de La Source est un très bel exemple de galerie creusée en écoulement libre, les joints de stratification sont mis en valeur par l'érosion différentielle. Dans ce tronçon on est surpris par l'horizontalité des bancs calcaires et par l'absence de fissuration (pas de ruissellement). A proximité de l'embarcadère, 1 m au-dessus du sol, un niveau à géodes calcitiques marque la discontinuité D12 limitant au sommet la formation d'Autoire, cette observation qui paraît anodine indique à l'hydrogéologue que la rivière de Padirac est localisée en ce point 70 m au-dessus des marnes toarciennes (mur imperméable des circulations karstiques du causse de Gramat) et non immédiatement au-dessus comme le mentionne la plupart des guides de touristiques. En fait, cette position perchée au-dessus du mur imperméable est responsable de l'existence d'une rivière inférieure, à débit d'étiage plus important et qui coule à la verticale des galeries visitées.
La salle du Grand Dôme dont la voûte domine la rivière souterraine de 90 m, n'est séparée de la surface du sol que par une dizaine de mètres de calcaires. L'évolution morphologique de cette salle peut, par effondrements successifs, former dans l'avenir un deuxième gouffre de Padirac. A son voisinage, la fissuration ouverte des parois et des voûtes permet un suintement d'eau chargée en carbonates de calcium. Le dépôt de ce minéral est à l'origine de l'harmonieux concrétionnement qui orne le lac de la Pluie, le pas du Crocodile et la salle du Grand Dôme.
La salle des Grands Gours, à la voûte basse à nombreuses coupoles, caractérise une galerie qui cet formée en régime noyé. Au terminus de la visite, un monticule haut de quelques mètres occupe le centre de la galerie, il s'agit d'un lambeau de sédiments argilo-graveleux, entraîné par la rivière souterraine depuis l'extérieur, témoignant d'un ancien colmatage des galeries de Padirac.

Excursions géologiques au voisinage
de la vallée de l'Aveyron
(3)

Les curiosités géologiques, principalement karstiques sont tellement nombreuses sur le territoire de la feuille Caussade qu'il est impossible de toutes les décrire dans le cadre de cette notice, toutefois le tableau ci-dessous, sans être exhaustif permettra d'orienter le naturaliste dans le choix de ses randonnées.



Principales curiosités géologiques aux environs de Caussade

Le causse du Bosc ( trajet de 7 km, dénivellation 300 m)
A Saint-Antonin, prendre la D75, itinéraire fléché en direction de la grotte du Bosc. A la sortie du bourg, au carrefour D75 - D958, on observe le sommet des calcaires bioclastiques du Domérien supérieur, riches en rostres de bélemnites et en lamellibranches [1]. La route s'élève graduellement sur le un talus argileux (Toarcien), affecté par de remarquables mouvements de terrains (glissements). Les falaises de la formation d'Autoire (Aalénien - Bajocien) dominent la route, elles ceinturent en partie le causse du Bosc, formant l'éperon du Cap de la Costo Roudaneso (superbe point de vue sur le confluent Aveyron - Bonnette). Le naturaliste courageux (attention aux chutes de pierres), peut récolter de nombreux fossiles (lamellibranches, brachiopodes et céphalopodes) au pied de cette falaise, à la limite des terrains toarciens et aaléniens [2].
Au sommet de la côte, on est surpris par la relative fertilité des cultures sur substratum calcaire ; un examen des sols en labour montre des limons rouges à nombreux fossiles silicifiés et à géodes de calcites. On est en présence de d'altération in situ des calcaires aalénien [3].
Près de l'église, s'ouvre la grotte du Bosc [4]. Cette cavité, ouverte au public, remarquable par ces cristallisations stalagmitiques et la forme de ses galeries.



Itinéraire géologique

Le causse du Bosc, forme un karst perché sur des argiles et marnes imperméables (Toarcien). Les eaux absorbées sur la bordure orientale de ce petit causse (3 km2) se rassemblent pour former un ruisseau souterrain. A la faveur d'une fenêtre, les eaux réapparaissent pour former un petit ruisselet qui, après un trajet aérien kilométrique, se reperds qui alimente la résurgence qui jaillit dans les falaises du cirque de Niboussou. La grotte du Bosc permet la visite d'un tronçon de ce réseau aujourd'hui abandonné par les eaux.



Schéma des circulations karstiques sous le causse du Bosc

Se diriger en suite en direction du SW, après la ferme du Clot de Mérigot, prendre le sentier balisé conduisant au cirque de Niboussou [5]. Le paysage grandiose à été sculpté par la résurgence qui jaillit en pied de falaise ; le sentier qui longe la corniche, surplombant le cirque, jalonne un niveau calcaire dolomitisé marquant le sommet de la formation d'Autoire.
Au retour, suivre le chemin en direction du SW, près du réservoir d'eau [6], à la limite inférieure de la falaise, une lumachelle à gryphéees (lamellibranche) est visible au sommet des marnes toarciennes. Le chemin rejoint rapidement Saint-Antonin.

Excursions géologiques autour de Puycelci (4)

En longeant les remparts de Puycelci (Trajet 1 km, dénivellation 10 m)
1. A droite, de la rampe d'accès conduisant à la ville, la petite falaise bordant la route, présente le sommet des marnes toarciennes très fossilifères. On observe «l'Assise à Gryphées» : alternance de bancs calcaires et de marnes grises à très nombreuses Gryphaea sublobata. Au-dessus reposent les calcaires argileux à Pleydellia. Ces faciès caractérisent une sédimentation marine.
2. Dans le virage, en traversant les remparts, on recoupe la faille de Puycelci. Cette faille normale, de direction subméridienne, à un rejet supérieur à 50 m. Elle met en contact, la base de la formation de Cajarc (Bajocien-Bathonien) avec la base de la formation d'Autoire (Aalénien). C'est le compartiment ouest, dominant la vallée de la Vère, qui est abaissé.



Itinéraire géologique

3. Prendre le sentier, dit des Voleurs, longeant la ville à l'Est. Les remparts reposent, jusqu' à la poterne, sur les brèches dolomitiques rouges, très spectaculaires, elles sont caractéristiques du sommet de l'Aalénien. Ces brèches, issues de la dissolution de faciès évaporitiques, montre que les dépôts du sommet de l'Aalénien se sont formés dans un environnement de sebkha.
4. Sous la poterne, au niveau du sentier des Voleurs, on peut observer des calcaires en bancs, pelletoïdes, à oncolites, surmonté par les dolosparites massives. Une incursion sur le chemin qui passe par la poterne, montre au sommet de l'Aalénien, les dolosparites massives karstifiées (discontinuité D10) surmontées par les calcaires oolitiques, plus ou moins dolomitisés attribuées au Bajocien.
5. Le passage des faciès dolomitiques rouges au calcaires oolitiques blancs est brutal lorsque le sentier traverse la faille.
6. L'arrivée à la table d'orientation est surprenante, la falaise "aalénienne", suivie par le sentier des Voleurs, avait une hauteur généralement inférieure à 10 mètres, et là, brutalement, on domine le paysage au sommet d'une falaise "bajocienne" haute de plus de 50 mètres. C'est certainement ici, que l'on apprécie le mieux l'importance du rejet de la faille.
De ce belvédère, on aperçoit en direction du Nord, de l'autre coté du vallon, le talus des marnes liasiques souvent encombré d'éboulis, surmonté par la couesta "bajocienne" du petit causse de Mespel.
7. Le belvédère de la place de l'Ecole, domine la vallée de la Vère d'une hauteur de 150 m. En direction du Sud, au-delà de la Vère, on voit vers la base du talus liasique, la petite falaise de la «Barre à Pecten», en continuité dans la topographie depuis Larroque, s'interrompre brutalement au droit du ravin de la Côte de Cire ; cette interruption correspond au passage d'une faille N 70° E.
8. La muraille des habitations, est supportée par un affleurement de calcaire lité. Ce sont des calcaires dolomitiques et des brèches, présentant une surface durcie, oxydée, à bioturbations, surmonté par calcaires micrites en bancs, en plaquettes et laminites.
La surface durcie séparant les deux faciès, représente la discontinuité sédimentaire D12, utilisée comme repaire cartographique. Elle sépare le sommet de la formation d'Autoire (Aalénien et Bajocien) de la base de la formation de Cajarc (Bajocien et Bathonien).

(1) Extrait de la notice de la carte géologique Souillac. Edit. BRGM
(2) le n* renvoie à ceux de l'itinéraire tracé ci-dessus.
(3) Extrait de la notice de la carte géologique Caussade. Edit. BRGM
(4) Extrait de la notice de la carte géologique Nègrepelisse. Edit. BRGM

© Jean, Guy Astruc et Quercy Net, 2003



 

 

 


  

 

 

 

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