BSEL - Juillet-Septembre 1998 - J.-P. Girault

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Études du Lot
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Un article de :
Jean-Pierre
Girault

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3e fascicule 1998 - Juillet-Septembre - Tome CXIX

La société des Études du Lot | Sommaire complet du fascicule

 

FOUILLES ARCHÉOLOGIQUES
AU PUY-D'ISSOLUD
(FONTAINE DE LOULIÉ)

 

Rappel historique

Le Puy-d'Issolud est connu comme un des emplacements présumés d'Uxellodunum. Des troupes gauloises, comprenant des rescapés d'Alésia, assiégées par les légions de César, livrèrent dans cette place forte ce qui semble être la dernière bataille pour l'indépendance de la Gaule. Le plateau du Puy-d'lssolud et ses environs renferment un nombre important de vestiges allant de la préhistoire jusqu'au Moyen Age.

Le site de la fontaine de Loulié a été le théâtre d'importantes campagnes de fouilles. Sous le Second Empire, une opération mandatée par Napoléon III a pris la suite d'interventions pratiquées par J.-B. Cessac. Puis après la guerre de 1418, un dentiste de Brive, Laurent-Bruzy, consacra durant 20 ans ses loisirs et l'essentiel de sa fortune à poursuivre les fouilles du XIXe siècle. Durant ces campagnes, de nombreux artefacts furent découverts.

 

Ce que l'on peut dire actuellement

Le plateau du Puy-d'Issolud a été régulièrement habité dès le Paléolithique moyen et jusqu'au Chalcolithique. Il est devenu un site important à partir du Bronze Final III b, jusqu'à la fin du premier Age du Fer. A la Tène III, il était entouré d'un énorme rempart continu, fait d'un parement de pierres sèches, recouvrant et soutenant des levées de terre.

Au milieu du Ier siècle ap. J.-C., les Gallo-Romains se sont installés sur le sommet du Puy-d'Issolud. A la fin de la période mérovingienne, les murailles ont été de nouveaux restaurées, un repaire ou castel a dû être édifié à l'emplacement d'un bâtiment gallo-romain, détruit sans doute lors des invasions barbares.

A la fontaine de Loulié, les fouilles successives pratiquées par des ouvriers, avec les moyens de l'époque, la pioche et la brouette, avaient pour seul but de mettre au jour les galeries de détournement de la source. Aucune stratigraphie n'a été relevée.

Comme pour le plateau, on retrouve des industries lithiques attribuables aux mêmes périodes, puis un habitat du Bronze Final IIIb qui perdure jusqu'à la fin du premier Age du Fer. Les fouilles ont mis au jour un nombre considérable de fragments de céramique (attribués à tort aux Gaulois) correspondant à la transition Bronze Final / premier Age du Fer, associés à des objets d'artisanat, domestiques, de parures et d'armes en bronze.

Ensuite à la Tène III, dans la seconde moitié du IIe siècle et au Ier siècle avant J.C., un habitat gaulois certainement entouré d'une enceinte (muraille et fossé), est attesté par des habitations dont les bases étaient composées d'entailles rectangulaires creusées dans le travertin. Ces maisons étaient construites en bois, avec des parois composées de clayonnages en branchages entrecroisés, recouverts d'argile. De nombreux outils témoignent des travaux d'abattage, de menuiserie (haches, herminette, ciseaux), d'extraction (barres à mine, coins), de terrassement (haches, pioches), d'agriculture (fourches, serpettes). La présence de très nombreux coutelas, poinçons ou alênes, évoquent le travail du cuir. L'artisanat textile, filage puis tissage de laine, est également représenté par des fusaïoles et des pesons. Une industrie métallurgique est attestée par la découverte d'une enclume de bijoutier, de burins, de scories de fer et de fragments de creusets. La présence des objets domestiques (forces, couteaux, meules etc.), de la céramique commune indigène (vases balustres et cylindriques, pots à épaulement et à lèvre éversée), des amphores et des objets de parures (boutons, fibules etc.) doit être interprétée comme la preuve d'habitats voisins des zones d'activités artisanales.

Le nombre impressionnant de vestiges d'armement (634 flèches, 69 fers de trait de catapulte, 6 pointes de javelots, 2 lances, etc.) prouve que ce lieu fut le théâtre d'un affrontement, probablement au milieu du Ier siècle avant J.-C.

Les deux galeries boisées ne peuvent s'expliquer que par des aménagements utilitaires ayant eu pour objet le détournement de la source.

Le nombre considérable de clous déformés, de taille importante, trouvés avec de nombreux charbons de bois (traces d'incendie), sur une superficie réduite, permet d'envisager la construction d'un édifice (ou de bâtiments) très important en bois.

Les armes ont bien été abandonnées après une bataille, la plupart étant recouvertes d'énormes rochers. Leur répartition se situe autour de la fontaine de Loulié jusque sous les falaises. Elles ont été trouvées suffisamment éparses et en mauvais état pour qu'il ne s'agisse pas d'un entrepôt de fabrication d'armement gaulois ou romain, ou bien d'un dépôt de trophées. Enfin, aucune arme trouvée ne présente de déformation ou bris rituel que l'on trouve systématiquement dans les sanctuaires gaulois.

Au milieu du Ier siècle ap. J.-C., un petit bâtiment gallo-romain a dû être édifié à proximité de la fontaine de Loulié.

Enfin, au Moyen Age une partie des eaux de la fontaine a été captée dans un bassin à usage domestique, l'autre partie alimentant un lavoir. Des habitations devaient se trouver à proximité immédiate de la fontaine, à Loulié et la Coste.

 

Projet concernant la campagne de fouilles 1998

Travaux d'évaluation autour de la fontaine de Loulié faisant suite au travail d'inventaire et de publication. Les travaux de terrain permettront de préciser la chronologie du premier et second Age du Fer.

Les recherches archéologiques sur le site actuellement déboisé peuvent se répartir en 4 points :

Point 1 - Recherche des éléments de la bataille :

- Détection électromagnétique

- Essais de balistique (arc, fronde, pierre à lancer)

- Tranchées d'évaluation des traces d'occupation.


Point 2 - Dégagements des galeries :

- Recherche d'éléments pour dater leur creusement (boisages)

- Etude des conditions de captage de la source.

 

Point 3 - Recherche de stratigraphies à partir des témoins en place :

- Fouilles des témoins pour échantillonnages

Mobilier

Charbons de bois

Faune et micro faune

Anthropologie

 

Point 4 - Évaluation des conditions de dépôt de tufs et sédimentologie

Hydrogéologie

Végétaux

Chronologie

Datation, etc.

Les recherches archéologiques dirigés par Jean-Pierre Girault font l'objet d'une fouille programmée sous la responsabilité du Service régional de l'archéologie de Midi-Pyrénées.

Les fouilles et les études seront réalisées par une équipe pluridisciplinaire composée de nombreux chercheurs.

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