BSEL - Octobre-Décembre 1998

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Études du Lot
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Un article de :
Micheline
Thouvenin-
Crouzat

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4e fascicule 1998 - Octobre-décembre - Tome CXIX

La société des Études du Lot | Sommaire complet du fascicule

 

SÉJOURS ET PASSAGES DES TROUPES
À CAHORS AU XVIIIe SIÈCLE


Dans l’article paru dans le 4e bulletin de 1997 de la Société des Etudes du Lot, il avait été question du passage des troupes en Quercy et des préoccupations de l’Intendant à ce propos pour les villes-étapes concernées. Mais la Bibliothèque municipale de Cahors conservant dans son " Fonds Ancien " des documents appelés " chartes " et traitant des séjours et passages des troupes au XVIIIe siècle à Cahors, j’ai pu, grâce à l’obligeance des bibliothècaires, que je remercie ici, étudier certaines des difficultés des consuls de la ville. Il y a des lacunes importantes mais les précisions apportées permettent cependant de mieux comprendre les problèmes à résoudre, ce dont l’administration royale de Versailles ou de Montauban ne se préoccupait que si les ordres donnés n’étaient pas exécutés .

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Plusieurs semaines avant l’arrivée d’un régiment ou d’un bataillon une lettre venait de Versailles ou de Marly et annonçait l’arrivée d’une unité, donnait les dates du passage et demandait que l’on prévoie le logement des officiers. Quelques jours avant l’arrivée prévue, l’Intendant confirmait les dates et employait toujours les mêmes termes : " Ayez soin de disposer son (celui de l’unité) logement, de pourvoir à la fourniture des vivres nécessaires qu’il paiera au moyen de sa solde, de lui faire fournir les voitures dont il pourra avoir besoin pour les transports de ses équipages qu’il paiera suivant les réglements du Roy à l’égard des fourrages l’entrepreneur luy fera fournir ceux qui luy seront nécessaires. " Cette dernière phrase n’était mise que lorsqu’il s’agissait de cavaliers ou de dragons. L’abolition de l’ordonnance de 1718, vers 1750, fit supprimer tout ce qui concernait les vivres dont " l’étapier " s’occupait désormais puisque sa charge venait d’être rétablie. (l).

Cet article sera divisé en 3 parties : la première concernera l’année 1725 , année qui semble particulière; la deuxième, les " effets " (mobilier et literie) des " casernes " et la troisième, l’état et l’entretien des " casernes " elles-mêmes.

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L’année 1725 est une année particulière au XVIIIe siècle, car ce fut la seule où la France et l’Espagne furent près de se faire la guerre. En effet, depuis 1713, la fin de la Guerre de Succession d’Espagne avait mis sur le trône, à Madrid, un des petits-fils de Louis XIV, le duc d’Anjou, qui avait difficilement accepté de renoncer au trône de France. L’aînée de ses filles avait été promise à Louis XV, si bien qu’ainsi les héritiers au trône de France seraient les petits-enfants du Roi d’Espagne ! Mais les gouvernants de France, en 1725, décidèrent de renvoyer à Madrid la petite infante, élevée jusque-là à Versailles, car ils estimaient qu’il fallait marier le Roi le plus vite possible, pour qu’il ait un héritier et l’infante était trop jeune.

La tension entre les deux pays fut si forte qu’il fallut envoyer des troupes près des Pyrénées alors que cette frontière avait été dégarnie depuis le traité d’Utrecht (1713).

A la fin de l’année, le calme revint grâce à l’action diplomatique du cardinal Fleury et les troupes purent retourner à leurs garnisons du nord ou du centre de la France.

Le 7 avril, une lettre de l’Intendant prévint les consuls de Cahors (2) de l’arrivée des trois bataillons, formés chacun de 17 compagnies, du régiment de Piémont infanterie : le 1er devant arriver le 25 avril, venant de Tours par Poitiers, Confolens, Limoges et Brive, et repartir le 26 pour Montauban pour y rester jusqu’à nouvel ordre ; le 3e venant d’Angers par Thouars, Poitiers, Confolens, Limoges et Brive logeant du 29 au 30 avril et repartant pour Moissac; le 2e venant également d’Angers par la même route, séjourna à Cahors du 3 mai au 8 août, date à laquelle il en partit pour Tarbes et Tournay (près de Tarbes) par Muret et Montréjeau .

Durant le séjour de 2e bataillon, 12 compagnies du régiment de Sommery dragons parvinrent à Cahors le 10 mai pour y être passées en revue par M. de Tarnau, inspecteur général de la cavalerie et dragons, revue dont la date nous est inconnue (3).

Le 2eme bataillon étant toujours présent, du 29 juin au ler juillet le régiment de cavalerie de Peyre, venant d’Amiens et se rendant à Montauban, séjourna 2 nuits (4).

Après le 8 août, jour du départ du 2eme bataillon de Piémont infanterie, il y eut un moment de calme jusqu’à l’arrivée le 5 septembre du 2eme bataillon du régiment de marine venant de Tarbes et Montréjeau où il avait été relevé par le 2ème bataillon de Piémont; il resta à Cahors au-delà du 12 décembre (5).

Durant cette période, le régiment de cavalerie de Brion passa du 28 au 29 septembre (6), puis du 29 au 30 novembre ce furent 5 compagnies du régiment de Sommery dragons qui couchèrent à Cahors sur la route de leur retour vers Besançon; les 7 et 8 décembre, un autre régiment de cavalerie, celui de La Roche-Guyon, venant de Revel et Castres, se dirigeant vers Bourges, passa la nuit à Cahors ; il en fut de même les 17 et 18 pour celui de La Motte-Houdancourt (7). Le 13 décembre, 8 compagnies du régiment de Plélo dragons arrivant de Castelsarrasin et Montcuq avec " armes et bagages " séjournèrent jusqu’au 15 et partirenf 4 d’entre elles vers Figeac par St Cirq et Cajarc, les 4 autres vers une destination finale qui ne devait être connue que sur la route vers Figeac (8). Ce fut, semble-t-il, la fin d’une année agitée !

Après la fin de 1725, aucune trace précise de passage ne nous est restée jusqu’en 1754 où en octobre le régiment de dragons du Languedoc ayant quitté Molières (actuellement en Tarn-et-Garonne) le 16 au matin coucha à Cahors le soir pour se diriger le 17 vers Frayssinet de Gourdonnais pour y passer la nuit. Ce même 17 octobre au matin, le régiment de La Ferronnaye dragons était, lui, parti de ce même Frayssinet pour coucher à Cahors le soir, et s’en aller le 18 au matin pour Saint-Antonin (10).

Une fois les troupes arrivées et logées, tout souci n’avait pas disparu. Trois circonstances particulières en apportent témoignage :

En 1725, le 26 mai une lettre de l’Intendant de Montauban (11) se fit l’écho auprès du maire et des consuls des plaintes des officiers du 2eme bataillon du Piémont infanterie qui n’étaient pas logés " comme il convient "; l’Intendant estimait que l’on évitait " le logement aux gens de vos parents et amis. Certains se prétendent exempts, en fait il n’y en a que peu dans ce cas ". Les officiers s’étant plaint également du mauvais état des paillasses et matelas de leurs soldats, l’Intendant se fâchait et exigeait qu’on achète ou répare, après une réunion de l’assemblée de la communauté pour " une vraie délibération " prenant les décisions. Il menaçait de " pourvoir comme il convient contre les consuls qui ne résidaient pas a Caors aussi régulierement que les affaires dont ils ont la charge le demandent ". Après ces menaces, la formule de politesse habituelle " tout à vous " parait un peu ironique !

Cette même année, le 22 août, les consuls furent prévenus de l’arrivée de trois charrettes portant chacune 34 balles numérotées contenant l’habillement pour le 2eme bataillon de marine qui devait séjourner à Cahors à partir du 5 septembre (voir plus haut) : il fallait les mettre en lieu sûr, vérifier s’il y avait eu un accident et les "renfermer" dans l’hôtel de ville " sil etait assez grand " jusqu’à l’arrivée du bataillon (13).

Le 12 décembre de cette même année (l4) l’ordre était donné de faire faire 2 guérites et 2 capotes pour les factionnaires du bataillon de marine. Il faut " qu’il n’y ait pas de plaintes en raison de la non exécution des ordres donnés ".

Les plus grosses difficultés provenaient des " casernes " elles-mêmes et des " effets " (literie et meubles). Les officiers logeant chez l’habitant, les " effets " devaient être fournis par celui-ci : lit à l’ange (ciel de lit) pour les officiers supérieurs, lit à quatre colonnes pour les officiers subalternes, de 3 pieds et demi de large, 6 pieds de long, garnis de housses, paillasses de toile, matelas de laine, traversin de plumes, couverture de laine blanche et fine, 2 paires de draps de toile blanche de chanvre, plus un " lit de plumes " pour les officiers supérieurs, 2 serviettes par semaine, une table, un fauteuil, des chaises (18 pour les officiers supérieurs, 5 pour les autres), pot à eau et cuvette, pot de chambre, 2 chandeliers, un porte-manteau à 6 boutons et un service à cheminée (pelle, pincettes, chenêts ...).(15)

Les sergents et soldats étaient logés dans les " casernes "; en fait, comme il n’y avait pas de véritables casernes à Cahors, il s’agissait de grandes maisons vides, louées par la municipalité à leurs propriétaires, nobles ou bourgeois, et meublées par les soins de la ville.

Le 3 octobre 1751 (16) une réunion du conseil général de la ville convoqué selon les règles mais d’où sont absents " nombre d’advocats, bourgeois, messieurs les députés du Chapitre cathédral, du présidial, de l’Université et de l’Election (17)" a eu lieu à propos du logement des dragons du régiment du Mestre de Camp général : il n’y avait que 5 maisons convenables : celle de M. Roaldès qui est louée 250 livres, de Gisbert médecin 200 livres, Monredon 180, Dandrieu et Raynaldy 100 chacune ". Les matelas et les draps sont en mauvais état. Sur les 1200 draps, 132 ont servi à rapiecer les autres, 12 ont servi pour réparer les matelas; sur les 300 matelas, 12 ont été remis à la cavalerie de la maréchaussée; les autres ont été refaits car la laine était devenue inutilisable, il n’en reste finalement que 237; les 300 traversins et les 300 " couvertes " sont rongés et dévorés par les vers " d’autant qu’ils étaient de mauvaise qualité à l’origine ". " 120 traversins peuvent être gardés mais pas pour une longue durée ". " 180 bois de lit sur les 300 sont vermoulus et seulement quelques pieux peuvent être conservés ". La communauté réunie approuva les réparations et décida l’achat de 300 " couvertes ". Il fut procédé à l’achat de 40 marmites de fer et à celui de leurs " couverts " pour remplacer les pots de terre. Tables, bancs et râteliers étaient en nombre suffisant (18).

Le mauvais état s’explique facilement soit par la succession rapide des troupes dont les soldats couchaient à 2 par lit et parfois même à 3, alors que le lavage des draps n’était prévu que tous les 15 jours en été et toutes les 3 semaines en hiver ; la paille étant renouvelée tous les 6 mois et la laine cardée tous les ans ; soit par un abandon prolongé sans entretien, durant plusieurs années.

En 1770 (19) la municipalité décida de vendre aux enchères en janvier le contenu des " casernes " (maisons Roaldès, Monredon et Carriol); l’adjudication est faite au " sieur Lacroze ayant comme caution le sieur Croizet " pour 1796 livres; en mai " 400 mauvais linceuls " sont adjugés à la " nommée Laboucarante " pour 425 livres, les meillleurs ayant été conservés pour servir aux casernes du faubourg Saint-Georges. Tout le reste est rénové pour un total de 22.837 livres :

- 2920 livres à Amé Menes dit Perrineau pour des fournitures non précisées.

- 6725 livres au sieur Durand pour 3362 1/3 de cannes d’étoffes, la façon des draps et leur marquage.

- 944 livres au même pour lavage de laine.

- 222 livres à Larret pour la paille des paillasses.

- 5309 livres 16 sols au sieur Dolique pour la laine lavée.

- 1605 livres au sieur Cammas pour 30 quintaux 25 de laine.

- 1800 livres au sieur Vincent pour de la laine.

- 2400 livres au sieur Laventure pour 173 couvertes en laine (166 à 14 livres l’une, 7 à 12 livres l’une).

- 128 livres 35 sols au sieur Bellet pour des " couverts " en cuivre pour des marmites.

- 110 livres au sieur Conduché pour 20 marmites à 5 livre, 10 sols l’une.

- 66 livres 6 sols au sieur Didier pour gamelles, cruches et pots.

- 72 livres au sieur Lautarie cadet pour 18 marmites à 4 livres l’une.

- 259 livres au sieur Isac pour capotes et autres.

- 224 livres au sieur Bergon, serrurier.

D’autre part, était vérifié l’état des tables longues, des tables pour le pain, des bancs, des râteliers d’armes et de gibernes, des chandeliers, des nécessaires à cheminées, des scies et des chèvres pour couper le bois.

Deux documents, malheureusement non datés, rendent compte de l’état des " casernes " elles-mêmes.

Le premier fait l’inventaire des pièces d’une grande maison (20) des héritiers Masseries " dont les meubles sont entassés dans un bas-grenier au pied du degré ". Il s’agissait de la louer pour en faire un casernement; ses locations précédentes avaient été faites pour 100 livres par an. Cette maison comportait :

- Une porte d’entrée, un grand degré en bois de noyer, un cabinet avec une fenêtre avec deux bandes de fer ;

- A l’entrée de la galerie une porte avec deux bandes de fer, une chambre avec 6 fenêtres vitrées et une armoire " attachée à la muraille " en bois de châtaignier à 5 étages, le parquet en bon état plus une armoire en bois de noyer à 2 portes; une chambre basse sur la rue avec une porte; une autre chambre avec une cloison à 2 portes, l’une grossière, l’autre menuisée avec un loquet chacune, une fenêtre " croisière ", un vaisselier en châtaignier à 4 étages, plus une armoire dans la muraille.

- Une chambre sur la grand-rue (21) avec un cabinet à une fenêtre vitrée sur la rue, une chambre avec 8 fenêtres vitrées. Plus haut, un autre cabinet à une fenêtre ;

- En montant, petite chambre sur la basse-cour, plus haut un galetas carrelé de briques avec un cabinet, plus une grande armoire dans la muraille en bois de noyer; au bout du degré une chambre divisée par une cloison en bois de châtaignier, vers une petite chambre qui regarde dans la basse-cour avec une fenêtre croisière.

- La galerie mène à une pièce commune (sur laquelle il n’y a aucune description), une boutique sur la grand-rue, dans la boutique un cabinet voûté) plus un grenier à foin et un bas-grenier le long du degré. (22)

Cette maison fut effectivement louée comme caserne puisqu’elle est mentionnée dans le second document qui est donc postérieur au précédent. (23)

Il s’agit , cette fois, d’une sorte de devis énumérant les réparations à faire (sans que les travaux à effectuer soient chiffrés) dans les différentes maisons louées pour le logement des troupes. A chaque fois le nom d’une compagnie est donné : était-ce pour faire payer les dégâts par les responsables ?

Caserne d’Englas (?)

Compagnie Debannes :

- une penture à la porte.

- une serrure, deux clés, deux loquets.

- 8 carreaux de vitres.

- 2 barres, un crampon.

Compagnie de Darrien :

- un crampon, une penture.

- " racomoder " une porte, en condamner une autre, en faire en autre.

- placer aux fenêtres de la galerie tout le fer à la réserve d’un panneau (?)

- une serrure, une clef.

Caserne d’Hebrard

Compagnie de Dargou

- 29 carreaux de vitres.

- une serrure et une clef, un loquet, mettre 3 planches.

Compagnie de Bonnevillier

- 3 clefs, 3 serrures, 1 penture.

- 22 carreaux de vitres,

- faire recouvrir un cabinet.

Caserne d’Aiot

Compagnie de grenadiers

- un verrou et une clef, deux loquets.

- 7 carreaux de vitres.

- " racomoder " les fenêtres et les croisées.

- recouvrir la salle.

- refaire 2 chassis et 2 vasistas, un crampon.

Caserne Privat

- à l’entrée : une serrure, 2 clefs, un palastroque.

Compagnie de Basancourt

- 1 serrure, 3 clefs, 1 targette.

- la croisée des fenêtres à " racomoder ".

- 2 chassis, 1 crampon.

- attaches pour les portes du contrevent.

- " racomoder " le dessus de la porte.

Compagnie de Lensepierre

- 4 clefs, 1 serrure, une à " racomoder ".

- 2 chassis de fenêtres.

Caserne Lacoste Salliac

Compagnie de Guatiniol

- Une clef, un loquet.

- 17 carreaux à vitres.

- " racomoder " 2 fenêtres.

- condamner la porte qui va au second.

- bâtir la muraille qui croule.

Compagnie de Barthe

- 3 clefs, 3 serrures.

- 11 carreaux de vitres.

- chassis des fenêtres y compris au cabinet.

- une porte au vaisselier.

- recouvrir le toit de la chambre.

- 3 crampons.

Caserne des Masseries

Compagnie de Donneste

- 4 crampons dont un à la porte d’entrée.

- 3 loquets.

- réparer le toit.

Caserne de Galesie

Compagnie de Chenete

- 2 clefs, un crampon.

- 32 carreaux de vitres.

Compagnie de Lanne

- 33 carreaux de vitres.

Caserne de Chansareil

Compagnie de Saison

- 9 carreaux de vitres.

- une clef, un crampon.

- réparer les fenêtres, mettre une pièce de bois à la porte.

- une penture.

Caserne de Bessanes

- appartement en haut : une clef, 3 carreaux de vitres.

Caserne de Pechanne

Compagnie de Lassalle

- 4 carreaux de vitres.

- une serrure, " racomoder " une autre, 3 clefs, 1 loquet, 1 crampon.

- réparer les fenêtres, la cheminée.

Caserne de Monredon

Compagnie de Longuebol

- une clef au portail, un loquet.

- réparer les fenêtres, deux portes.

- deux portes en fer pour réparer une armoire.

Compagnie du chevalier de Bonnetivie

- 26 carreaux de vitres.

- réparer les fenêtres.

- 3 loquets.

Au total 175 carreaux de vitres, plus un nombre important de fenêtres à réparer ou refaire partiellement, des toits à refaire, des crampons à remettre en place.

Comme nous ne possédons qu’une seule énumération de dégats et de réparations à faire, il nous est impossible de savoir combien de temps séparaient deux inventaires ou après combien de séjours ces réparations s’avéraient nécessaires. Certaines de ces casernes semblaient plus que d’autres prédisposer aux bris de vitres.

Les artisans de la ville devaient être satisfaits du travail ainsi obtenu mais les habitants, ceux soumis aux impôts et taxes, devaient l’être moins!

Après 1750 le rétablissement de la charge " d’étapiers " avait soulagé la municipalité du souci des vivres et du bois mais la charge restait la même pour les habitants des environs.

*

*   *

De plus, nous n’avons, dans l’état actuel de la documentation, aucun renseignement sur les rixes éventuelles entre les soldats (infanterie) les cavaliers et les dragons (cavaliers et dragons ne séjournant jamais ensemble dans la ville) ni sur les dangers courus par les jeunes filles et les femmes alors qu’il n’y avait que 12 sergents du guet et quelques cavaliers de la maréchaussée.

Cependant quelques dispositions de l’ordonnance royale de 1718 (23) étaient garantes, semble-t-il , d’une certaine sécurité :

- article 40 : Même s’il est plus facile de contenir les troupes quand elles sont casernées ou campées que quand elles sont chez l’habitant, 1/4 des officiers seront de garde jour et nuit pendant 24 heures... Ils seront commandés par le plus ancien capitaine qui répondra de l’exactitude de la garde et des désordres.

- article 45 : on bat la retraite dés le soleil couché, à l’entrée de la nuit, appel par compagnie, au point du jour, la diane, plus appel dans la matinée.

- article 47 : si pillage, mauvais traitements, prises de vivres ou autres, si les coupables sont arrêtés ils seront passés en conseil de guerre, condamnés et passés par les armes.

- article 48 : s’il y a désordre, officiers, cavaliers et soldats paieront les dommages.

- article 49 : si les coupables ne sont pas découverts, tout le régiment paiera (non pas seulement la compagnie dont relève le coupable).

- article 50 : Si les soldats exigent des habitants quoi que ce soit, ils passeront en conseil de guerre et seront passés par les armes.

On comprend alors l’importance que pouvait avoir la recommandation de l’Intendant le 3 septembre 1725 aux 8 compagnies du régiment de Plélo dragons : " aux officiers et dragons de vivre de façon que nous n’ayons point de plainte ".

Ces soucis dont nous venons d’évoquer l’essentiel, la municipalité de Cahors dut les avoir longtemps car si les couvents , devenus biens nationaux, furent occupés par les troupes (et servirent aussi de prisons) l’abolition des ordonnances royales sur la discipline ne facilita pas le travail des municipalités successives durant presque tout le XIXe siècle.

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Notes

- De la note n°1 au n°19 : Bibliothèque municipale, Fonds Ancien, " Chartes ".

- n°20 : " la maison Masseries serait au numéro 38 de la rue du Château-du-Roi ; j’y vois 8 fenêtres sur 2 niveaux, plus un étage de souleilho et une cour intérieure " . (avis de Ph. Deladerrière).

- n°21 : La " grand rue " a été, de nos jours divisée : rue Nationale au sud, côtés ouest des places Galdemar et Chapou, rue de la Préfecture et rue du Château-du-Roi vers le nord. (A. D. du Lot, cadastre de Cahors).

- n° 22 et 23 : Bibliothèque municipale, Fonds Ancien, " Chartes ".

- n° 24 : Archives départementales du Lot : J 2336.

- n° 25 : un quintal dans l’Ancien Régime valait 100 livres-poids soit environ 48 kilos.

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