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© QUERCY NET, 2002

Bref historique
de l'imprimerie

Bien que de nombreux livres aient été écrits sur l'Histoire de l'Imprimerie, nous croyons utile d'en faire un résumé depuis Gutenberg jusqu'à nos jours, en ne parlant que des grandes lignes de l'histoire de notre beau métier.

L'imprimerie est une des trois phases importantes dans l'évolution de la civilisation :

Le langage, servant aux hommes à communiquer leurs pensées ou à exprimer leurs sentiments par l'organe de la voix ;
L'écriture, ou langage écrit, qui est l'art de représenter la pensée par des caractères ou signes de convention ;
L'imprimerie, qui reproduit ces signes à l'infini.

Origine 

Les peuples d'Orient écrivirent d'abord sur des feuilles de palmier et sur des écorces de bambou puis sur des briques, sur des os et sur de la pierre. Job utilisa des tablettes de bois. Ces tablettes de bois, recouvertes de cire, furent en usage en France jusqu'au Moyen Age.

Les Égyptiens employèrent l'écorce de papyrus, roseau qui croissait autrefois en abondance sur les bords du Nil ; les Romains se servirent des étoffes végétales ; les Chinois inventèrent le papier de soie, et les rois de Pergame, le parchemin.
Au IVe siècle, les Orientaux imaginèrent le papier de coton. Sur les tablettes de bois, de cire, sur de la brique ou sur de la pierre, on écrivit d'abord avec des styles de fer ; puis, sur le papyrus, sur le parchemin, en employa le roseau ou calame ; enfin, les Chinois inventèrent l'encre et le pinceau.

Les Chinois connaissaient, dès le Xe ou XIe siècle, l'impression sur caractères mobiles ; mais leurs tentatives, sur des blocs de terre argileuse d'abord, ensuite avec des caractères en étain pur puis en cuivre, ne donnèrent que des résultats sans

LE FEVRE
Recueil des Histoires de Troyes - 1464
Premier livre imprimé en français

lendemain. Ils revinrent vite à l'impression tabellaire ou xylographique, plus en harmonie avec leur genre d'écriture.

Vers la fin du XIVe siècle, on commença à imprimer en Europe des cartes à jouer avec des moules gravés sur bois. Puis vinrent les images de piété. L'impression s'obtenait en frottant avec le pouce ou un morceau de bois poli une feuille de papier placée sur la gravure enduite d'une couleur quelconque. Ce procédé
s'appelait le frotton

Plus tard, on employa le pinceau de crin et enfin la presse, qui fit disparaître les premiers procédés.

LE LIVRE

Tous les livres furent manuscrits jusqu'au XVe siècle. Comment s'exécutait alors un livre ?
Le libraire, qui était toujours un érudit, confiait le manuscrit à reproduire à un copiste.

Le parcheminier préparait les peaux sur lesquelles l'écrivain exécutait son travail.

Le travail du copiste terminé, le manuscrit était porté chez l'enlumineur, qui ornait les pages de peintures, de dorures et de lettres initiales fleuronnées.

Le lieur ou relieur réunissait les pages du manuscrit, et l'ensemble revenait à son point de départ, chez le libraire.

Le genre d'écriture employé à cette époque est désigné sous le nom de gothique de la décadence.

Primitivement, les livres étaient roulés en cylindres et se nommaient volumina (volumen, au singulier). Ce n'est que vers la fin du VIe siècle que l'on signale les livres de forme carrée, sous le nom de codices ; l'invention de la reliure serait athénienne.

Par suite des opérations multiples que demandaient les livres, ceux-ci étaient rares et chers. Ils ne rendaient pas, en outre, tous les services qu'on en pouvait attendre ; les copistes multipliaient tellement les abréviations, pour aller plus vite, que les savants eux-mêmes avaient quelquefois beaucoup de difficulté à les lire. 
Aussi, avec le goût de la lecture qui se répandait de plus 
en plus dans toutes les classes

GASPARIN, de Bergame
Espitolarum liber - 1470
Premier livre imprimé à Paris 
et premier livre imprimé en France

de la société, chercha-t-on à faire des livres d'une manière plus expéditive.

Vers 1420, on signale un livre, la Bible des Pauvres, imprimé sur planches xylographiques.

Ce procédé, comparé à celui des copistes, constituait un grand progrès, mais il avait comme gros inconvénients : 1° la préparation d'autant de planches qu'il y avait de pages ; 2° la gravure d'autant de fois les mêmes lettres qu'il y en avait dans le livre à imprimer ; 3° le moyen peu pratique de la correction d'un texte gravé sur un bloc de bois.

Ce sont ces imperfections qui firent concevoir l'idée de graver chaque lettre séparément, sur bois, bien entendu.

Ces lettres, percées d'un trou vers le milieu, étaient assemblées comme les grains d'un chapelet, avec des fils qui les maintenaient.

Comme aujourd'hui avec nos caractères, on pouvait se servir de ces mêmes lettres pour un autre ouvrage ; mais les inconvénients du bois, qui jouait selon que l'atmosphère était plus ou moins humide, étaient encore plus grands qu'avec la xylographie.

C'est avec cette première application des types mobiles que fut imprimée, par Gutenberg, la Grammaire de Donat vers 1445.

Le procédé pratique était trouvé.

Certains attribuent à Laurent Coster, de Haarlem (Hollande), l'invention des caractères mobiles, en bois d'abord, puis en plomb et en étain; mais plus nombreux sont ceux qui ne voient une origine hollandaise qu'à la xylographie.

L'oeuvre de Gutenberg

Jean Gutenberg naquit à Mayence vers 1400, où, jeune encore, il perdit son père.

Sans fortune personnelle, il voyagea pendant plusieurs années et, avec l'idée de substituer au travail long et dispendieux des scribes un procédé mécanique permettant de multiplier à l'infini les manuscrits d'un ouvrage, il s'installa à Strasbourg.

Pendant dix ans environ, il travailla pour obtenir : 1° des lettres métalliques mobiles; 2° un métal convenable et susceptible d'être coulé dans des moules. Le fer était trop dur, il perçait le papier; le plomb était trop mou et ne résistait pas à la pression.

Le besoin d'argent se faisant sentir, il quitta Strasbourg et s'associa, à Mayence, en 1450, avec Fust, riche banquier, et Pierre Schoeffer, jeune clerc très instruit et copiste très adroit.

C'est ce dernier qui trouva, par un alliage judicieux du plomb et de l'antimoine, le mélange qui permit d'obtenir des lettres moins dures que celles qu'on avait avec le fer et résistant néanmoins à l'effort de la presse.

Gutenberg fit alors des chefs-d'oeuvre, dont la Bible in-folio de 1 282 pages à deux colonnes de quarante-deux lignes.

Après beaucoup de travail et une série de déboires, Gutenberg mourut en 1468.

A la mort de Gutenberg, les ouvriers typographes de sa maison se dispersèrent sur divers points de l'Europe.

L'imprimerie en France

Paris fut, de toutes les villes, la première à accueillir l'imprimerie.

Charles VII, comprenant l'importance de cette nouvelle industrie, donna, en 1458, à un habile graveur de la Monnaie, Nicolas Jenson, la mission d'aller étudier la typographie à Mayence.

Jenson, à son retour d'Allemagne, transporta son industrie à Venise et imagina le premier l'impression en petit format.

En 1469, Guillaume Fichet et Jean Heynlin firent venir en France trois ouvriers de l'imprimerie de Mayence et les installèrent à la Sorbonne.

Le premier livre imprimé par cette association, en 1470, paraît être un petit volume in-quarto de 236 pages, contenant les lettres d'un célèbre latiniste, Gasparin, de Bergame.

Vers la même époque, de 1473 à 1488, des imprimeries s'étaient fondées à Lyon, Angers, Vienne, Poitiers, Caen, Troyes, Abbeville, Besançon et Toulouse.

Les rois Louis XI, Charles VIII, Louis XII favorisèrent l'imprimerie. François ler exempta les imprimeurs-libraires de tout service militaire. Dans la crainte que les livres rares et précieux ne sortissent de France et qu'ils ne fussent perdus pour son royaume, il défendit, par son ordonnance du 8 décembre 1536, de vendre et d'envoyer à l'étranger aucun livre ou cahier, en quelque langue que ce fût, sans en avoir remis un exemplaire à son aumônier, garde de la bibliothèque du château de Blois. C'est peut-être là l'origine du dépôt légal qui est encore en vigueur au profit de la Bibliothèque nationale de Paris.

Le plus ancien livre imprimé en langue française avec date certaine est celui des Histoires de Troyes, composé de 1464 à 1467, par Raoul Le Fèvre, chapelain du duc de Bourgogne, Philippe le Bon, et dont un exemplaire est conservé à la Bibliothèque nationale.

Au XVIe siècle, les Alde, en Italie ; les Estienne, en France ; les Froben, en Suisse; les Plantin et les Elzévir, dans les Pays-Bas, produisirent des chefs-d'oeuvre typographiques.

Sous le règne de Louis XIII, l'imprimerie fut également très brillante. Ce monarque fonda la fameuse imprimerie qui, aujourd'hui, porte le nom d'Imprimerie nationale.

Louis XIV, par les nombreux travaux qu'il fit exécuter aux presses du Louvre ; Louis XV, dans sa jeunesse, par (établissement d'une imprimerie au château des Tuileries, où il travaillait lui-même; Louis XVI, qui, à (âge de douze ans, imprima de sa main un petit volume in-octavo sous le titre de Maximes morales et politiques tirées de Télémaque, favorisèrent le développement de l'imprimerie.

Jusqu'en 1789 les imprimeurs furent soumis à des règle ments sages et prévoyants qui leur assuraient sécurité et prospérité; mais, pour être imprimeur, il fallait connaître le latin, savoir lire le grec et être pourvu d'un certificat de capacité délivré par l'Université, avoir subi des examens sur toutes les parties de l'imprimerie et de la librairie, enfin avoir fait quatre ans d'apprentissage et avoir servi les maîtres en qualité de compagnon pendant trois autres années. -

La Révolution de 1789, en supprimant les maîtrises, assimila l'imprimerie aux autres professions industrielles; les anciens

règlements disparurent et la chambre syndicale fut dissoute chacun, en payant patente, eut liberté de s'établir imprimeur; aussi le nombre des imprimeurs s'accrut-il dans d'énormes proportions.

La période moderne

Napoléon Ier créa, en 1810, une direction générale de l'imprimerie et de la librairie et fixa à soixante le nombre des imprimeurs pour Paris, nombre qui fut porté à quatre-vingts en 1811.

Ce chiffre de quatre-vingts imprimeurs brevetés à Paris n'a été dépassé qu'en 1870, date de la nouvelle promulgation de la liberté de l'imprimerie.

A partir du me siècle, l'imprimerie typographique prit un essor considérable, notamment pour le tirage des épreuves. L'invention de la lithographie, par Senefelder, en 1796, stimula le zèle des typographes. On grava de nombreux caractères de fantaisie, des vignettes diverses. La stéréotypie s'implantait. Les presses en bois furent remplacées par les presses du système de lord Stanhope, et celles-ci, à leur tour, cédèrent la place aux presses mécaniques, dont la première est due à Koenig, et qui se perfectionnèrent sans arrêt.

On peut juger de la puissance de ces presses en voyant nos journaux quotidiens s'imprimer sur huit, dix, douze, seize, vingt, vingt-quatre pages, etc., en petits caractères, à des milliers d'exemplaires à l'heure.

La chromolithographie, l'autographie et enfin la photographie et ses procédés sont venus, précieux auxiliaires, se joindre à l'imprimerie.

L'introduction des machines à composer intensifia la production des imprimés de toutes sortes. i

Avec la typographie, l'instruction a pénétré dans toutes les classes de la société. La multiplicité des livres permet à tout homme studieux de puiser aux sources de la science, en agrémentant cette satisfaction du plaisir tout particulier que procure la lecture. Lire est encore le meilleur moyen d'augmenter nos connaissances.

D'après Typographie Composition, Ministère de l'Éducation Nationale,
Institut National des Industries et Arts Graphiques, Paris, 1967.

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