La photocomposition
Les progrès de la technique photographique stimulèrent, dès 1896, les recherches visant à remplacer le caractère en plomb par son image sur un film ou un papier photographique. Les premières expériences furent menées à Budapest sur une machine Porzsolt, mais ce furent les Français René Higonnet et Louis Moyroud qui obtinrent en 1949 des résultats concluants avec la Lumitype, machine photographiant «à la volée» au rythme de 28000 signes à l'heure, à l'origine.

Les caractères apparaissent généralement en négatif, par transparence, sur des disques porte-matrices tournant devant une source lumineuse. Un flash attrape au vol la lettre et vient impressionner soit un film qu'on développe ensuite pour fabriquer la plaque offset ou le cliché typo, soit un papier photographique ou bromure. Depuis peu la restitution des caractères se fait de façon entièrement électronique par l'intermédiaire d'un tube cathodique ou d'un support photographique (photocompeuse à laser). De plus en plus, les caractères sont mis en mémoire dans un ordinateur, qui les restitue à la demande. Ce recours à la mémoire et à l'ordinateur donne des possibilités quasi illimitées en matière de justification, de mise en pages et de corrections.

L'invention de la photogravure
Dans l'illustration du livre par le relief, la gravure sur bois ne fut remplacée qu'après 1850 lorsque Firmin Gillot, utilisant du zinc sur lequel il dessinait avec un vernis, substitua aux instruments de gravure la morsure par l'acide, qui attaquait le métal sans vernis. Il put aussi, à l'aide d'une encre grasse appropriée, reporter sur le zinc un dessin emprunté à une pierre lithographique. Son fils, Charles Gillot, mit en 1876 la fidélité photographique au service de la reproduction des illustrations avec la photogravure de trait. Pour la photogravure des demi-teintes, c'est-à-dire de toute la gamme du noir au blanc (similigravure), il fallut attendre l'invention de la trame (1881), imaginée simultanément par l'Américain Frederick Ives et l'Allemand Georg Meisenbach.

Le principe de la photogravure
En photogravure, l'appareil photographique appelé banc de reproduction procure, à l'échelle désirée, un film négatif où les traits du document à reproduire apparaissent en transparence sur un fond opaque.

Par ailleurs, le photograveur prépare une plaque de zinc enduite d'une couche colloïdale photosensibilisée dont la propriété est de s'insolubiliser sous l'action des rayons ultraviolets. Ceux-ci traverseront les parties translucides du film précédent, qui est posé sur le zinc. De la sorte, la plaque soumise à l'action d'une solution d'acide nitrique ne sera mordue qu'aux seuls endroits non insolubilisés. Les traits du dessin, restés à la surface initiale du métal, seront en relief par rapport aux creux gravés.

La similigravure Malgré les détails, souvent très poussés, reproduits grâce au cliché de trait, celui-ci ne peut permettre la reproduction d'originaux à modelé continu.

Pour transformer photographiquement une teinte continue en un réseau de points suffisamment fins et indécelables à l'œil nu, on a recours à une trame. Celle-ci, inventée en 1852 par Talbot à Philadelphie, ne fut vraiment mise au point qu'en 1885.

Dans la similigravure on interpose, à l'avant du film, lors de la prise de vue, une trame dont le fin quadrillage (de 20 à 120 lignes, croisées perpendiculairement, par centimètre) transforme par un effet d'optique les gris plus ou moins intenses du modèle en points plus ou moins gros. C'est cette fragmentation qui, par sa ténuité, recrée à l'œil l'impression de tons continus.

La quadrichromie S'agissant de documents polychromes, il convient de procéder à leur sélection, c'est-à-dire de réduire le nombre infini de leurs couleurs aux trois teintes primaires: bleu, jaune, rouge (dénommées en reproduction cyan, jaune, magenta), dont la combinaison en proportions ad hoc restitue toutes les autres. C'est la trichromie, à laquelle la quadrichromie ajoute une image très atténuée de noir, qui donne plus de vigueur à l'ensemble.

Les trois films négatifs, en noir et blanc, correspondant aux trois teintes primaires s'obtiennent par trois photographies du document polychrome prises chacune à travers un filtre de la teinte complémentaire de celle à isoler: rouge (pour le cyan), bleu (pour le jaune) et vert (pour le magenta). Ces films sont tramés et traités comme une similigravure de noir et blanc. Il est presque toujours nécessaire de remédier aux imperfections de la sélection par des corrections et des masquages. Bien entendu, il faut imprimer ces trois (ou quatre) clichés en superposition repérée, chacun recevant la teinte d'encre qui lui est propre.

L'apparition des scanners
Ce procédé de photogravure «conventionnelle», tel qu'il vient d'être décrit, fut utilisé jusqu'aux années 1980-1982, qui marquent le déclin de la typographie. Vers le milieu des années 1950 apparurent, dans la presse d'abord, des scanners de photogravure électroniques en noir et blanc qui analysaient point par point l'image à reproduire: la valeur de gris y était traduite en impulsions en fonction desquelles un stylet entamait plus ou moins profondément la matière à graver (plastique ou métal).

 

Les grandes étapes
de l'Histoire de l'Imprimerie

our prendre un intérêt réel à l'histoire de l'imprimerie, il est préférable, à notre sens, d'en connaître la technique. C'est la raison pour laquelle ce chapitre ne recueille que les grandes dates de l'évolution de l'imprimerie, et que les techniques mises en oeuvre sont expliquées dans d'autres chapitres.
 

> DEPUIS L'ANTIQUITÉ JUSQU'EN 1438 (ENVIRON) : L’IMPRESSION XYLOGRAPHIQUE

Entre deux mille et mille ans avant notre ère (date indéterminée) les Chinois connaissaient déjà l'impression dite «Tabellaire», consistant à graver en relief un dessin sur une planche de bois tendre, à l'encrer et à la presser sur un parchemin ou une étoffe.

On sait également, pour en avoir retrouvé des vestiges, qu'il y a 11000 ans et plus, les Chinois avaient mis au point l'impression « xylographique » - du grec : xulon, bois et graphein, écrire -. Le texte était calligraphié sur une feuille de papier que l'on reportait sur une planche de bois, tandis que l'encre se trouvait encore fraîchement décalquée à l'envers sur la planche ; les caractères étaient gravés en relief, la forme encrée et les feuilles de papier à imprimer pressées une à une, sur la forme, à l'aide d'une brosse. Les caractères gravés s'imprimaient donc à l'endroit sur chaque feuille.

La méthode d'impression « xylographique » fut appliquée, au XIVe siècle, en Europe, par les fabricants de cartes à jouer. II se révélait, en effet, bien plus rapide de décalquer sur le carton les motifs des cartes, d'après une gravure en relief sur bois, que de reproduire un à un ces motifs, avec un patron découpé, comme cela s'effectuais auparavant.

Le procédé xylographique s'étendit ensuite à la réalisation d'images pieuses, puis de véritables livres, imprimés à partir de phrases, ou paragraphes, gravés sur des planches de bois. La grammaire d'Élie Donat, précepteur de Saint-Jérôme, est sans doute le plus connu de ces ouvrages et tous les livres imprimés à la même époque ont pris le nom de d'anats. La Bible des Pauvres (Biblia Pauperum), imprimée en Hollande ou en Allemagne et répandue, vers la fin du Moyen Age, à un très grand nombre d'exemplaires dans toute l'Europe, constitue également une application de la méthode xylographique.

>GUTENBERG ET L'INVENTION DU CARACTÈRE MOBILE

Pour obtenir l'impression d'un livre par xylographie, nous avons vu qu'il fallait graver tout un texte en relief sur des planches de bois, travail fort long et de ce fait, limitant, à l'extrême le développement de l'imprimerie. L'invention des caractères séparés, donc mobiles, transforma les possibilités d'impression puisqu'elle permit d'utiliser les mêmes caractères pour servir, par leur assemblage en forme imprimante, à la réalisation des livres les plus divers.

Jean Gutenberg, de nationalité allemande, né à Mayence en 1397, mort dans la même ville en 1468, n'est pas, ainsi qu'on le croit, l'inventeur des caractères mobiles puisque ceux-ci, réalisés d'abord en terre cuite, puis en étain, ont été employés par les Coréens il y a mille ans. Toutefois, en utilisant pour la première fois en Europe les caractères séparés, Gutenberg, ignorant, sans doute, les précédentes réalisations, a pu croire, de bonne foi, qu'il en était l'inventeur.

Gutenberg grava d'abord des caractères sur bois. Mais, se rendant très vite compte que cette matière était trop fragile, par conséquent trop sujette à l'écrasement pour l'emploi demandé, il étudia le caractère mobile en métal : alliage de plomb et d'étain, qu'il utilisa vers 1440, après avoir eu maintes difficultés avec son ouvrier Pierre Schoeffer qui, de son côté, grava des matrices et fondit des caractères, à la même époque que son maître.

La gravure des premiers caractères mobiles était inspirée des dessins de manuscrits gothiques. Vers 1470, le Français Nicolas Jenson, fixé à Venise (car dans notre pays, les copistes et enlumineurs faisaient passer les imprimeurs pour des sorciers et cherchaient à les faire pendre) créa les premiers caractères romains appelés Elzévir ; et en 1494, l'Italien Alde Manuce, également établi à Venise, dessina les premiers caractères italiques.

Depuis Gutenberg jusque vers 1860, la seule méthode connue de fonte des caractères dans les matrices, était l'emploi du moule à arçon fonctionnant à la main, avec lequel un ouvrier habile atteignait tout juste la fabrication de 225 lettres à l'heure. Les fondeuses mécaniques des années 60, qui ont commencé à voir le jour au milieu du XIXe siècle, injectaient le métal en fusion dans les matrices à l'aide d'un piston, et permettaient d'atteindre une production de plusieurs milliers de caractères à l'heure.

>DE LA PREMIÈRE PRESSE A BRAS (VERS 1450)
    AUX PUISSANTES ROTATIVES MODERNES

Afin d'utiliser dans les meilleures conditions permises à l'époque, soit entre 1440 et 1450, les caractères mobiles qu'il avait fabriqués, Jean Gutenberg se servit de la première machine à imprimer qui fut construite. Est-il l'inventeur du mécanisme de la presse à bras? C'est peu probable, mais il a le titre, déjà bien enviable, de premier utilisateur.

Le nom de presses, donné aux machines à imprimer, s'inspire certainement de la similitude de leur fonctionnement avec les vieux pressoirs à vin de l'époque. Presses à bras et pressoirs à vin fonctionnaient, en effet, à l'aide d'une vis en bois et la pression était obtenue par l'effort direct de l'ouvrier. Mais la force de ce dernier se révélant souvent insuffisante, la pression était augmentée par étayement à l'aide de madriers, entre plafond et plancher, de la machine à imprimer.

Les deux organes principaux des presses à platine actuelles le marbre et la platine existaient déjà sur les premières presses. La forme, cadre enfermant la composition, était ajustée sur le marbre fixe et horizontal. La feuille à imprimer venait alors s'appliquer sur la forme préalablement encrée à l'aide de " balles p et un plateau, constituant la platine, était descendu pour comprimer l'ensemble à l'aide de la vis en bois. Cette pression malgré étayement par des madriers, restait malheureusement insuffisante pour imprimer les formats tant soit peu importants et l'on devait recommencer l'opération deux fois, successivement, sur les deux moitiés de la feuille. Voici pourquoi les premières machines à imprimer étaient appelées « presses à deux coups ».

Vers le milieu du XVIe siècle, dans le but d'éviter le maculage des côtés de la feuille à imprimer, on adjoignit à la presse le système composé du tympan et de la frisquette. Le tympan était une sorte de châssis de bois, tendu d'étoffe, qui se trouvait relié par charnières à la frisquette, cadre de fer recouvert de papier ajouré ne laissant passer, à travers les jours, que la partie imprimante de la forme. Protégées des bavures sur les côtés, les feuilles imprimées restaient ainsi beaucoup plus propres.

La presse à bras, presque totalement construite en bois, fut d'un usage constant, faute de mieux, jusqu'en 1783 ; on ne put, durant trois siècles, espérer d'elle un tirage supérieur à 300 feuilles par jour. Mais en 1783, Didot, aidé de Brichet, munissait sa machine d'un marbre de fer et d'une platine en cuivre et semble bien être le premier imprimeur ayant utilisé une presse métallique. Il permit ainsi de réaliser les grands formats « en un coup » et par conséquent de doubler la vitesse de tirage.

L'année 1807 consacre l'avènement de la première presse entièrement métallique, construite en Angleterre par Stanhope et qui va permettre de décupler le rendement journalier.

Les perfectionnements mécaniques apportés à la presse à bras vont dès lors se succéder. Vers 1817, G. Clymer, de Philadelphie, réalise la presse " Colombienne " ; en 1829, Samuel Nust fait adopter la presse
« Washington », avec poignée de manivelle pour mettre le marbre en mouvement et ressort en spirale pour relever la platine.

En 1816, l'Allemand Koenig, associé à Bauer, créait la première presse à retiration, imprimant simultanément des deux côtés de la feuille.

En 1819, le primitif encrage de la forme par " balles " de laine recouvertes de cuir, était remplacé par l'emploi de rouleaux encreurs, inventés par Gannal et formés d'une matière à base de gélatine et de glycérine.

En France, les constructeurs et ingénieurs Ganeaux, Selligne, Thonnelier, Rousselet, Normand, Dutartre, Marinoni..., etc., ont successivement perfectionné les divers types de presses à imprimer. C'est à Marinoni que l'on doit la création des machines rotatives, utilisées aujourd'hui par tous les grands quotidiens, et à Hoé, de New-York, le cintrage des clichés, à partir de 1847, pour permettre leur adaptation sur les cylindres des rotatives.

Le début du XIXe siècle avait également été marqué, dans le domaine de l'imprimerie comme en bien d'autres domaines, par l'invention de la machine à vapeur, permettant la diminution progressive du pénible travail de l'impression à la main. La presse qui imprimait le journal anglais The Times semble être la première, en 1814, dont le fonctionnement ait été commandé par une machine à vapeur.

Dès la fin du XIXe siècle, l'énergie électrique commence à supplanter l'énergie thermique. L'importance des tirages va, dès lors, augmenter dans des proportions considérables et la présentation des publications imprimées ne cessera de s'améliorer pour prendre progressivement tous les aspects de l'impression moderne.

Création des machines à composer

La composition mécanique des caractères est de date relativement récente puisque c'est seulement en 1872 qu'apparut, dans l'imprimerie du journal anglais The Times, une composeuse susceptible de distribuer une centaine de lettres à la minute, mais exigeant pour son fonctionnement le travail de quatre ouvriers.

Auparavant, dès le début du XIXe siècle, plusieurs imprimeurs avaient essayé de rassembler les caractères mobiles dans des " magasins " d'où l'opérateur provoquait leur chute en agissant sur un clavier. A vrai dire, les divers systèmes adoptés n'avaient pas sensiblement accéléré la vitesse de distribution obtenue manuellement par un compositeur bien entraîné.

En 1886, fut réalisée aux États-Unis la première machine Linotype par Otto Merghenthaler. La machine Monotype, fondant les caractères un à un, fut créée par l'américain Tolbert Lanston vers la même date, mais ne commença à être pratiquement utilisée qu'au début de 1900.

Après vingt années de recherches, la photocomposition débute au cours des années 1950.

Historique de la photogravure

C'est l'année 1851 qui marque la naissance de la photogravure, le lithographe Firmin Gillot parvenant à remplacer l'impression lithographique par l'impression de reports sur zinc gravés chimiquement en relief. Ce procédé, qu'il appela «panéïconographie», connut rapidement une grande extension sous le vocable plus répandu de «giillotage»

Son fils, Charles Gillot, adapta les découvertes photographiques de Daguerre et de Niepce à la gravure chimique sur zinc par l'emploi de la photographie au collodion et du bitume de Judée (1876). Puis il créa un papier dit «au procédé», portant une linéature, qui permettait au dessinateur d'obtenir des demi-teintes pouvant être reproduites par cliché au trait (1880).

Entre temps, Poitevin découvrait les principes de sensibilisation à la lumière de la gélatine (1854) dont l'emploi devait s'étendre à la plupart des procédés photomécaniques.

La similigravure prend son essor à la suite des travaux de l'Américain Yves et de l'Allemand Meisenbach (1883), inventeurs du réseau tramé qui transforme les demi-teintes continues en une série de points de forme et de surface variables.

La reproduction des couleurs, par superposition de clichés sélectionnés dans les teintes primaires puis gravés chimiquement en simili-gravure, fut la conséquence des travaux de Charles Cros et de Ducos du Hauron (1895).

A l'aube du XXe siècle, la photogravure, devenue une industrie largement répandue chez les peuples industriels, se trouve donc en possession de ses trois techniques essentielles : le trait, la similigravure, la trichromie.

Les premiers pas de la clicherie-galvanoplastie remontent à 1830, époque à laquelle Victor Michel établit les premières « coquilles » en cuivre, sur moule de gutta-percha, par dépôt électrolytique à la pile. En 1840, Rousset et Féry adoptaient le moulage à la cire. L'Allemand Albert créait ensuite la presse à mouler au plomb. Au XXe siècle, les plastiques fournissaient de nouvelles matières à mouler à base cellulosique ; en 1930 apparaissaient les presses mécaniques à empreinte et les machines à fondre les clichés, de création allemande et suisse. L'emploi des matières plastiques, enfin, qu'il s'agisse de moulage, prise d'empreintes ou de clichés imprimants, s'étend chaque jour à de nouvelles branches des industries graphiques.

Historique de la lithographie et de l'offset

Le procédé d'impression lithographique fut Inventé vers 1796 par Aloïs Senefelder, né à Prague en 1771 et mort en 1836. L'inventeur eut à passer, à ses débuts, des moments difficiles, ne trouvant pas d'éditeur pour faire paraître quelques essais dramatiques qu'il avait composés. A cette époque, seule la méthode typographique existait, d'un prix de revient beaucoup trop élevé pour les moyens de Senefelder. Celui-ci, ayant remarqué la propriété particulière des pierres calcaires de Solenhofen (petite localité des environs de Munich) de refuser l'encre grasse quand elles sont humides, mais de la décalquer quand elles sont sèches, chercha à imprimer à partir de ces pierres. Après maintes difficultés, mais finalement soutenu par le comte de Lasteyrie-Dusaillant, il obtint la réussite que son courage méritait. Inlassable chercheur, il découvrit ensuite le procédé du report, essaya même d'utiliser le métal comme support à la place de la pierre et écrivit un cours complet de lithographie.

L'impression lithographique fut adoptée à Vienne au début du XIXe siècle, puis à Rome et à Londres vers 1807 et à Paris en 1814. Engelman développa le procédé à Mulhouse tandis que Lemercier, Chevalier et Gobait le perfectionnaient à Paris. Le dessin lithographique prit alors toute sa réputation avec la collaboration de grands artistes : Horace Vernet, Fragonard, Perrot, Daguerre, baumier et Gavarni.

La méthode d'impression offset, expression moderne de la lithographie, est d'invention récente. En 1920, le Français Grenier mettait au point, dans les ateliers Ruckert, les premières impressions tramées sur zinc.

Historiques de la taille-douce et de l'héliogravure

Le procédé de gravure en creux doit avoir une origine très ancienne. Toutefois la première reproduction sur papier, réalisée de façon incontestable en taille-douce, date seulement de 1452 ; elle est l'oeuvre d'un orfèvre italien, Thomas Finiguera, qui grava en creux, sur une plaque d'argent, son motif représentant le couronnement de la Vierge.

La taille-douce révélait déjà la grande finesse d'exécution qu'elle serait susceptible d'offrir ; et elle composa une partie importante de l'oeuvre du grand artiste allemand Albert Dürer (14711528), maître en l'art de graver au burin.

Rubens, Van Dyck et Rembrandt réalisèrent des gravures à l'eau-forte.

En France, sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV, la gravure au burin a rassemblé de grands artistes pour la reproduction des chefs-d'oeuvre de la peinture et a illustré les noms de Jacques Cahot d'abord, Jean Morin, Lasne et Robert de Nanteuil.

L'héliogravure date du début de notre siècle. En 1905, les travaux de la société anglaise "Rembrandt Cie" et de l'Allemand Mertens permettent d'adapter à l'impression sur papier la gravure mécanique en creux, déjà employée pour les tissus. L'emploi du réseau tramé et du papier transfert " au charbon " aboutit aux premières impressions d'héliogravure en Rhénanie, en Suisse et en Angleterre. Cette forme d'impression fut ensuite rapidement adoptée en France.

Historique de la phototypie

C'est en 1855 que Poitevin prenait le premier brevet créant la phototypie. Il produisait une image photographique sur pierre litho recouverte de gélatine sensibilisée au bichromate. Le perfectionnement apporté en 1869, à Munich, par le photographe Albert consista à remplacer le support en pierre par une dalle de verre convenablement grainée.

>DU CARACTERE EN PLOMB A L'ORDINATEUR... DU LIVRE IMPRIMÉ A INTERNET...

LA PHOTOCOMPOSITION

La première machine à composer photographique a été conçue par deux ingénieurs français, Higonnet et Moyroud, et est présentée aux États-Unis en 1949. L'opérateur frappe le texte à partir du clavier en définissant la police, le corps, le style et la justification. Une calculatrice, calcule automatiquement l'espace entre les mots pour chaque ligne et ces données sont transmises à un disque portant les matrices (caractères en négatif) et tournant entre une caméra et un flash. Chaque caractère est ainsi photographié sur une surface sensible à partir de laquelle sont tirées les plaques offset. La qualité est encore améliorée et les problèmes générés par la composition au plomb font désormais partie du passé.
La photocomposition évoluera jusque dans les années 80 au fil de plusieurs générations. L'arrivée de l'ordinateur sonnera la fin des photocomposeuses.

Il a fallu attendre l'arrivée de l'ordinateur individuel, pour voir avancer d'une façon spectaculaire cette activité. L'imprimerie est passée directement de l'ère de la ligne bloc (machines Linotype, par exemple) à la composition entièrement automatisée ou à la PAO (PAO (Publication Assistée par Ordinateur) : traduction impropre du terme anglais «Desktop Publishing» (édition de bureau) et qui désigne un processus informatisé de mise en page ou de création de maquette. La PAO étant pratiquée à l'aide de micro-ordinateurs, le terme « Micro Edition » peut aussi être employé.).
L’électronique, en permettant d’enregistrer en langage binaire toutes les informations se rapportant à chaque caractère et de les modifier à volonté, autorise des performances et une souplesse d’utilisation jusqu’alors inconnue.


Photocomposeuse
de marque Compugraphic (1980)

La micro-informatique associe des matériels performants et des logiciels de très grande spécificité. La numérisation, les logiciels de traitement de textes implantés sur les micro-ordinateurs permettent de visualiser, corriger, modifier, déplacer les textes, les images. L’influence de ces nouvelles technologies sur tout le processus de fabrication est très importante. La composition, la correction, la mise en page et l’impression ont été révolutionnées. La prochaine étape concerne la publication électronique, l’écran, le clavier, la souris remplaçant le papier et le stylo ! Cette nouvelle révolution du Multimédia et de l’Internet permet d’inclure dans tout document du texte, des images, des sons. Elle autorise, grâce aux autoroutes de l’information, l’accès très rapide et planétaire à toutes la connaissance de l’humanité. Dès aujourd’hui, l’accès à l’information est instantané, planétaire et universel.

D'après Toute l'imprimerie, F. de Laborderie et J. Boisseau, Dunod, Paris, 1964.